samedi 31 décembre 2005

Hou la la !

Plus que onze heures. On sent tout l'implacable du temps. J'ai relu ce que j'avais écrit il y a CINQ ANS. L'année 2000 se termine comme cela: "J’avais mis en route la sonnerie de l’horloge et à un moment minuit sonna...."


Voilà, rien de plus et rien de moins. Minuit sonne. On veut croire que le monde bascule, mais il n'en n'est rien. Ce n'est qu'un cran sur une roue qui laisse à point nommé descendre le poids qui entraîne le marteau qui vient frapper douze fois sur une cloche et minuit sonne...


Mes voeux pour la nouvelle année, cependant, pour les uns et les autres. Le meilleur d'entre tous : "qu'on s'aime..."



vendredi 30 décembre 2005

Quitter

Le redoux est arrivé..14 au thermomètre ce qui va en rendre jaloux plus d'un...C'est les avantages d'habiter près de l'Ile. La région attire de plus en plus de monde et ne manque pas de dynamisme...L'avenir c'est une mégapole de 50 kilomètres le long de la côte avec un million d'habitants. Nous en sommes à 700 000...Dans 15 ans ça sera fait...


Je vais aller faire les dernières courses de l'année...Les derniers ceci, les derniers cela...Ca me fait penser aux pages admirables de St Simon quand il raconte la fin de LouisXIV. "C'est la dernière duchesse qu'il a reçue, c'est le dernier potage qu'il a bu, c'est la dernière visite de son arrière petit fils, etc, etc...". J'ai relu ce récit trois ou quatre fois. Louis XIV quittait ce monde en majesté.


Depuis j'essaie de tout quitter en majesté moi aussi, les années, comme les choses, comme les gens. Sauf que je n'arrive pas à quitter les gens...Impossible.... Ils restent là, dans ma tête, pour le moins...



mercredi 28 décembre 2005

Oriel

Voilà une étape de franchie...Reste la fin de l'an. 2006 s'annonce avec un déménagement : j'irai peut-être habiter en l'Ile...On verra tout cela en son temps..


Les bonnes résolutions pointent en avance : me remettre à la peinture et à l'écriture...Mais ces deux activités exigent beaucoup de repli sur soi. Je n'aime pas trop m'isoler du monde. Le regarder et essayer de le comprendre voilà qui me va beaucoup mieux.


Autrefois, en Alsace, on construisait des oriels pour que les grand-mères continuent à voir le monde. Elles se mettaient là et voyaient le spectacle de la rue... Maintenant c'est la télé qui a remplacé tout ça.


Le progrès, le progrès.....


mardi 27 décembre 2005

Migration

Lu ça récemment... "Chers blogueurs,comme vous, nous n'en pouvions plus des bugs, failles de sécurité, lenteurs et autres problèmes de performance du système.Comme vous le savez sans doute déjà, nous avons longuement cherché le(s) moyen(s) de résoudre ces problèmes. Après avoir envisagé plusieurs solutions, nous avons pris la décision de changer carrément de système et de plateforme. Nous allons donc passer à une plateforme fondée sur du PHP, en abandonnant le Java Comment préparer vos blogs à la migration ?Nous demandons aux blogueurs dont les URL contiennent moins de 4 caractères après le dernier / (slash) de les étendre au-delà de 4 caractères..."


Bon, je vais étendre "RPH" en "rphrph" afin de rester doublement moi-même et d'être pratiquement seul sur Google à porter ce nom. Je ne sais pas comment va se passer cette migration... Je crains le pire...On verra tout cela en janvier...


Noël c'est fini. Tout le monde ou presque est reparti...Pourrait-on arrêter le temps ?



lundi 26 décembre 2005

Etienne

En Alsace, c'est la Saint Etienne. Jour férié là bas... Le résultat de l'histoire quand l'Alsace était allemande. Comme ça on peut se remettre de Noël... C'est bien vu.


Ici c'est glagla. Des vents coulis qui vous glacent... Même en L'Ile ça caille... C'est dire....


dimanche 25 décembre 2005

Noël

Repas chez mes parents. Le soleil au rendez-vous. Belle journée en famille. Comme le veut la coutume chocolat chez Dodin et promenade en l'Ile....


samedi 24 décembre 2005

Vigile

VIGILE DE NOEL( La vigile de Noël est une vigile privilégiée de première classe, qui exclut toute fête. L'Office est simple à Matines, double à Laudes et aux petites Heures.....). Famille rassemblée, des petits enfants peut-être un jour... Soirée épatante hier avec les Bascobaroudeurs... Brouillard épais aujourd'hui, temps gris. La vie s'écoule dans une certaine sérénité...Mais restons vigilants....


vendredi 23 décembre 2005

Diseuse

Encore moins deux ce matin et des soupcons de neige sur les toits. Pas de couleurs dehors: c'est le gris généralisé. La radio qui chante. Un bruit de lave vaiselle bientôt. Mon ex débarque du train tout à l'heure...


Fait un tour dans l'Ile hier soir. Il y avait quelqu'un qui avait envie d'aimer et d'être aimé. Il allait de déception en déception dans le milieu et il se demandait s' il n'allait pas retourner aux femmes. Il y a comme ça des itinéraires... Cool mec, ça finira bien par t'arriver! J'ai fait ma voyante :" dans moins de trois mois, tu verras..." Il est resté jusqu'à la fermeture.


"Voyante" me fait penser à "La diseuse de bonne aventure". Je l'ai vu là bas, aux Amériques... Sublime...


Le jeune homme se fait voler sa bourse et couper ses aiguillettes... Les temps n'ont guère changé.. C'est pire maintenant ?? Va savoir....


jeudi 22 décembre 2005

Moins deux

Moins deux, c'est la température à l'extérieur ce matin. Il fait certainement moins froid dans l'Ile. Vivement que j'y habite...


Moins deux, c'est aussi les jours qu'il me reste pour le rangement, le ménage, les courses. Je n'ai encore rien préparé. Je me la coule douce et en même temps je m'ennuie. C'est contradictoire. Mais le spleen m'envahit souvent...


Les fêtes. J'en ai rencontré beaucoup qui détestent cette période de bonheur obligatoire pour tous. Encore B. hier. Il faut être heureux, presque sur commande et il y en a tant qui ont de bonnes raisons pour ne pas l'être. Des enfants seront submergés de cadeaux, tandis que d'autres vont continuer à traverser les mers sur des rafiots pourris pour venir partager un peu de nos richesses... Le Monde est monde...


Ma mère m'a indiqué où elle avait rangé les GUIRLANDES. Je vais les installer...


mercredi 21 décembre 2005

Rameurs


Hier, j'ai vu des rameurs. Ca m'a fait penser à CAILLEBOTTE. J'aime plusieurs de ses tableaux. "Rue de Paris, temps de pluie" me hante. Mais c'est "LES RABOTEURS DE PARQUETS" que je trouve sublime. Les corps sont beaux, ce qui me fait me demander si Caillebotte n'aimait pas les hommes? Et puis quel labeur ! A cette époque , pas si lointaine dans le fond, tout était fait avec beaucoup de sueur: il n'y avait pas de ponceuse à parquet. On ne pense jamais assez que presque tout ce qui nous entoure et qui date un peu a été fait, uniquement, grâce aux efforts des hommes et des animaux. Imaginons les scieurs de long qui ont débité toutes les planches de nos parquets de leurs bras. Scier, scier du matin au soir, six jours par semaine...Respect...!


De nos jours on sublime les prouesses du sport...Je trouve qu'on exagère.


mardi 20 décembre 2005

Solstice

Il y a quatre jours que j'attends vraiment dans l'année: les équinoxes et les solstices. Ces jours là me parlent et je communie par la pensée aux vastes mouvements qui nous entraînent dans l'univers en une course frénétique. Les vitesses de nos déplacement sont extravagantes. La plus petite: à l'équateur nous tournons à la vitesse de 34 km à la seconde pour changer de jour toutes les 24 heures. Autour du soleil c'est plus, autour de la galaxie, j'y pense même pas. On se rapproche d'Andromède à la vitesse de 300 km à la seconde. Collision prévue dans 5 milliards d'années. Tout le monde descend....


Le solstice d'hiver c'est demain: les jours qui raccourcissent c'est fini ! Pour moi le plus dur est passé. Après demain ça rallonge: c'est le signe de l'espérance, des promesses d'été et de la félicité. Tout va aller mieux. La déprime de novembre s'efface. Il me reste à affronter une période de doutes en février, et bientôt mars sera là et le printemps avec lui...Mai sera un délice et juillet un triomphe...


Vivement demain...!


lundi 19 décembre 2005

Pythie...

On attend beaucoup de l'avenir. Heureusement qu'il existe. Quand il n'existe plus c'est grave. J'avais épinglé "No Future" dans mon bureau de la Compagnie à un moment. Ca n'allait pas fort en ces temps là...


Qu'est ce que j'attends de l'avenir? Que tout le monde soit heureux autour de moi. C'est bien assez des soucis avec soi-même pour en avoir en plus avec les autres !!!!


Pour moi ? Est-ce que je peux accéder au bonheur??... aimer et être aimé... C'est si essentiel et si difficile. Et puis la santé. Et pour le reste, superfétatoirement, être beau, intelligent, riche et en forme...


J'arrête là mes réflexions sur l'avenir. Je n'en finirais pas. Nous en sommes tous au même point, c'est ça finalement qui me rassure. Quoique..! J'aurais envie qu'on me tire les cartes là, maintenant...Ou qu'on me lise dans les lignes de la main...


dimanche 18 décembre 2005

Avent

Préparation de Noël. Je vais essayer de retrouver les guirlandes. Je ne sais pas où je les ai rangées l'année dernière dans la maison de mes parents. Leur maison est grande...


Ensuite faire un peu de ménage chez moi...Bon, je m'en fous un peu du ménage, mais c'est une question d'image. Et puis, vivre debout, ça impose certaines contraintes tout de même...


En tierce, réfléchir aux repas. Mes enfants et mon ex-épouse seront là. Je vais me faire un petit programme pour organiser tout cela. Il ne restera plus à gérer que les balades le long de l'océan, les sorties, les pots....


Quatro: quelques cadeaux encore à acheter. Je fais aux enfants des cadeaux communs avec mon ex-épouse: il faudra qu'on aille les acheter ensemble quand elle sera arrivée: la course des derniers moments....


Aujourd'hui QUATRIEME DIMANCHE DE L' AVENT. Là dehors, ciel floconneux laissant passer un peu de soleil...


samedi 17 décembre 2005

De tout un peu : il pleut mais il fait très doux...Ai fait quelques photos ce matin et on m'a pris en photos...L'une d'entre elles est bien: j'aurais pu m'aimer...


Une angine aussi... Ce sont des choses qui arrivent.


Fait les courses en vitesse. Je n'aime pas flaner dans les magasins et donc pour faire plus vite je prends toujours les mêmes produits. Ca fait 20 ans que mange la même chose: je m'alimente donc, ce qui me permet de surveiller mon poids. Mon caddie quand je quitte le magasin doit être le plus léger possible: c'est comme cela que je reste en bonne santé. Je dois encore manger trop gras car j'ai un peu de cholestérol. Le cholestérol ça vous bouche les artères et ça vous empêche de bien bander... Tout est dans le caddie je vous dis : moins il y en a dedans, mieux c'est...


Pour le reste des petits soucis avec ma mère qui ne va pas très bien....Une génération s'en va tout doucement....


vendredi 16 décembre 2005

Parties

"Parties": elles n'ont jamais aussi bien mérité leur nom, car ELLE les a enlevées. Mangé en tête à tête avec ELLE hier soir. Elle va plutôt bien je trouve. Trois heures d'humanité ultime. On ne peut pas aller plus loin dans la recherche de soi. "C'était ça ou le suicide" m'a-t-elle dit pour résumer la situation.

La reconstruction est difficile, mais elle le savait. Elle avance pas à pas, sans oublier ceux qui l'entourent et qui doivent se reconstruire aussi. Ca éclabousse forcément ces choses là.

Sa lucidité étonne: " tous les trans meurent avant 65 ans, ils ne vivent pas au delà". Pourquoi? "A cause des prises d'hormones bi quotidiennes. Le foie ne supporte pas..."

Elle met en route son divorce pour pouvoir changer d'identité. Madame X... épouse de Madame X..., ça la République ne sait pas faire.

Autre projet: augmenter le volume de ses seins. Une opération en vue... Plus tard redessiner ses fesses...

Et puis trouver rapidement du travail. Il lui reste encore un camion: elle pourra toujours faire transporteur..

Et les hommes ? Faut-il leur dire ou pas ? Quatre ou cinq relations sexuelles depuis l'Opération. Un peu cahotiques à ce que j'ai compris.

Dur, dur. Mais elle s'aime maintenant, et c'est bien là l'essentiel....

Notule: l'andouillette ne valait pas le déplacement...

jeudi 15 décembre 2005

Erotique

J'ai écrit un poème érotique il y a quelques temps... Certains mots et les descriptions peuvent choquer, mais finalement nous ne sommes plus au temps de la BARONNE STAFFE. Quoique...! De toute façon D.A.F. de Sade a écrit dix fois pire, et les "Onze Mille Verges" d'Appolinaire c'est pas mal non plus...J'ai encore de la marge...

J'ai eu quelques retours : un prof de fac à Bordeaux m'a donné la note 12/20, un polyglotte américain de Philadelphie m'a dit que ça ne valait pas Bossuet ou L'Hermite, certains me font toujours des coucous sur le net et échangent régulièrement des nouvelles, beaucoup d'autres m'ont dit que ça les avait fait bander et quelques uns se sont branlés dessus...

Il faut dire que la métrique de l'alexandrin transforme l'action en mélopée, sacralise les mots, crée un rythme lanscinant qui convient bien au sujet...

Voilà. Attention , prudes, pincés du cul s'abstenir...

Le soleil déclinait, quand nous nous sommes vus,
On allait se croiser au milieu de la rue
Lorsque ton brun regard s'est accroché au mien,
Tes yeux m'ont fait bizarre, ils me disaient « tu viens ? »..
J'ai détourné mes pas, me suis mis à te suivre
Happé par tes appâts, ton teint couleur de cuivre.
Quand tu t'es arrêté dans l'étroite ruelle
Je me suis approché, et ta bouche si belle
Appela mes baisers. Blotti tout contre toi
Les langues mélangées, s'embrassant mille fois,
On s'est roulé des pelles et on s'est caressé.
Ta fougue était de celles à ne pas se lasser.
« J'habite à quelques pas, ne restons pas dehors,
Poursuivons ça chez moi, on s'aimera plus fort.. »

Tu te mets sur le lit les jambes grandes ouvertes
Tu n'es pas encore nu, je fais ta découverte.
Je veux tout te connaître et tout bien caresser
Mais je n'ai que deux mains est ce vraiment assez?
Je tâte lentement le long du pantalon
Je vais de bas en haut, te caresse le jonc
Tu frémis, tu gémis, ton sexe se raidit
J'ouvre ta braguette ; le voilà, il jaillit.
Je vais le déguster et apprécier son goût
Ma langue le parcourt et en lèche le bout.
Tu veux, ô impatient, te saisir de ma bite
Lâcher, d'un seul élan, les désirs qui t'habitent
Tu la sors, tu la tètes et la gobes et la suces
Tu te goinfres de tout, du mât et du prépuce
Ta bouche va et vient, ô exquise douceur
Tout se jubile en moi, je connais le bonheur.
Tes mains impatientes me caressent le corps
Je tombe sous ton charme et dis « encore encore ! »
J'enlève ton pantalon et retire ton slip
Tes deux boules et ton cul, c'est pour ça que je flippe
Ils me donnent l'envie de m'y plonger à fond
De bien te les bouffer et d'y rentrer profond.
Mes doigts, pour s'amuser, te cajolent les flancs,
Se perdent dans la touffe, insistent sur le gland,
Remontent jusqu'aux seins et les titillent un peu
Sans les pincer trop fort : tout cela n'est que jeu.
Je retourne à ton vit qui m'attire beaucoup
Ma bouche, la goulue, veut engober le tout
Je l'avale complet jusqu'au fond de la gorge
Le lape, le savoure, avant qu'il ne dégorge.
Mes doigts, ces vagabonds, s'égarent sur tes fesses
S'enfoncent dans ta raie et lentement progressent.
L'index est arrivé à l'endroit remarquable
Et rentre avec bonheur dans ton trou délectable
Qui s'ouvre doucement et mouille de plaisir
En allumant chez toi des torrents de désirs.
J'en glisse un deuxième qui trouve son chemin
Te fait trembler le cul et trémousser enfin..
Tes mouvements m'excitent et me font trop bander
« avale moi chéri » dis-je sans commander.
D'une main résolue tu me tires les couilles
Avec trois doigts de l'autre dans mes fonds tu farfouilles
De ta bouche assoiffée tu pompes à fond ma queue
J'explose de partout, tu m'as foutu le feu.
Je me retiens pourtant de lâcher ma semence
Je veux goûter ton trou, le limer en cadence.
Tu t'es mis sur le dos , les jambes écartées,
Tu exhibes ta rose, je vais te la darder.
J'enveloppe mon vit du voile protecteur
Qui me laisse baiser sans jamais avoir peur,
Et j'entre lentement dans le couloir étroit
Qui nous unit enfin : je suis toi et toi moi.
Je m'enfonce et ressort lentement dans la gaine
Qui calmement attend que mon nœud se déchaîne.
Tu frétilles du cul, me demande : « plus fort ! »
Je te bite profond, aux tréfonds de ton corps
Et j'accélère les coups qui te font tant gémir.
Tu m'as voulu en toi, je vais bien te remplir.
Ton cul qui en veut tant, va bientôt en avoir,
Je sens venir le feu dedans mes génitoires.
Je te branle la queue pendant que je t'encule.
Je jute, je crache, je jouis et j'éjacule,
Tu sens mes soubresauts te percer les entrailles
Tandis qu'avec la main tes couilles je travaille.
Tu râles, tu cries , tu t'agites beaucoup,
Tu te tends, tu te cambres et tu gicles d'un coup
Tout ton foutre gluant en le lâchant partout.
Quand tu te calmes enfin je retire mon bout
Qui perd tout doucement de sa magnificence.
J'étale sur ta peau tes gouttes de semence.
Tu me regardes, amour, j'aspire ton odeur
J'aimerais pour toujours ressentir ta chaleur.
Je m'allonge près de toi en te prenant la main
Nous resterons ensemble, au moins jusqu'à demain.
Tu vas bientôt dormir, voilà que tu te plonges
Dans les bras de Morphée au royaume des songes.
Va, doux petit prince, va refaire ta sève
Et prends moi avec toi au pays de tes rêves..

mercredi 14 décembre 2005

Enfants

J'en ai entendu parler hier à la télé, et c'est vrai, ils existent. J'en ai croisé il y a peu quand j'étais dans l'Est. Des immigrés clandestins avec des enfants, en train de manger dans des boîtes de conserves assis sur les bancs d'un square. Pic-niquer par le gel à huit heures du soir quelle idée incongrue ! Et puis rentrant de mes virées nocturnes il étaient toujours là emmaillotés et assis sur les bancs, luttant contre le froid.


J'en ai vu aussi à Paris cet été, dans un autre square, mais plus organisés avec des matelas et des tentes.


J'en ai vu un aussi dans l'ILE, au milieu de tout le luxe. Le mec se lavait à une bouche d'incendie et toutes ses affaires tenaient dans un caddie qu'il poussait avec lui... Comment rester propre quand on est dans la rue?


Je ne parle pas des clochards de chez nous, bien installés dans leur vie de dénuement. J'en avais au bas de chez moi. Certains dormaient l'hiver dans des cartons. Ils y sont toujours, je suppose...


Mais les enfants? Pauvres enfants ! Pourquoi ces familles viennent-elles ici ? Notre Eldorado a déjà ses deux millions de chômeurs et ses millions de pauvres. Des gens de bonne volonté tentent de scolariser ces gosses. Ils restent six mois à l'école puis disparaissent. Leur passé c'est une naissance de misère, une enfance de misère, et leur avenir c'est une vie de misère et une mort de misère.


Tu es né misère et tu retourneras en misère...


mardi 13 décembre 2005

Gégé

Passé un coup de fil à Gégé hier soir. Il y avait longtemps que je n'avais plus de ses nouvelles. On se croise, on fait un petit bout de chemin ensemble et on se perd de vue. Avec Gégé nous nous étions tripotés ( avec main dans le panier et sortie de l'engin ) derrière un comptoir de bar en regardant le serveur bien droit dans les yeux, mine de rien...Le serveur s'est douté de quelque chose, mais il n'a osé rien dire. Nous sommes allés nous achever dans les toilettes. Et juste après un grand éclat de rire. J'en ris encore....


Fait un tour dans l'ILE.. R. était bourré. Il est en déprime, bouffe des anxiolithiques à la pelle. Son histoire avec P. l'a fait plonger. Il ne s'en sort pas. Il me l'a encore dit hier. Ca fait des années que ça dure.... Une histoire de jeune, de daddy et d'amants périphériques. Je connais ça...


Le reste de la soirée des gazouillis avec les uns et les autres et de la musique plein les oreilles...



Notule : Terminator a encore frappé...!

lundi 12 décembre 2005

Ecrire

En y réfléchissant un peu, je me suis aperçu que j'avais une vieille habitude d'écrire. J'ai collecté mes jours depuis 1983 et s' il y a d'immenses vides il y a aussi des périodes transcrites avec régularité. Ces périodes correspondent à des moments assez intenses où j'avais plein de choses à ressentir. J'ai ainsi ma relation avec C. pratiquement en entier.


J'ai aussi toute l'année 2000 jour après jour. Voici un jour de mi décembre d'il y a cinq ans:


"Que dire d’un mercredi où le temps était bouché avec une légère pluie qui ne risquait pas de m’atteindre dans le court moment que je passais sur les trottoirs entre mon appartement et mon bureau à la Compagnie en évitant les crottes de chien et les crottes de pigeons ? Pas grand chose ! J’avais suffisamment de retard à rattraper pour ne pas baisser l’échine et je devais me consacrer totalement à ma tâche, mais aussi , en ayant marre, j’allais parfois quelques instants à la machine à café pour me donner des moments de détente. Le travail je ne savais pas le faire à jet continu. Il me fallait des moments de respiration entre deux tâches différentes et m’aérer ainsi l’esprit des process effarants de la Compagnie qui avait le don de compliquer tout ce qui pouvait être simple. La simplicité devait certainement enlever du travail à des échelons intermédiaires , échelons fayots de certaines autorités qui jouissaient là d’un faire valoir en même temps que d’un fromage. Les activité fromagères étaient bien développées au sein de la Compagnie quand on conçoit qu’un chef des services administratif ne rayonnait qu ‘en fonction du nombre de personnels qu’il avait en dessous de lui. Ainsi des postes étaient maintenus par pure nécessité carriériste de certains . Bien entendu les gens qui les occupaient cherchaient à justifier de leur paye par l’unique production dont ils étaient capable, à savoir du papier. Ce déferlement quotidien qu’on appelait « la marée blanche » n’avait pas cessé avec l’introduction de l’informatique, bien au contraire! Chacun, doté légitimement d’une imprimante, archivait avec religiosité les messages et autres documents qu’il produisait et ainsi nous étions passé des chariots poussifs qui, chaque jour, dans les immenses couloirs du siège ,se déplaçaient à la vitesse des pas du waguemestre en trimbalant le flot des documents d’un service à l’autre, aux vitesses effarantes proches de celle de la lumière qui véhiculaient les mails par Outlook aussitôt imprimés de crainte de les perdre ou de les oublier. Dans le fond , seuls les couloirs avaient bénéficié du progrès.


L’après midi j’eus une réunion pour la préparation de programme de l’année deux mille un où je devais prévoir la charge de travail de mon unité. Comme je ne savais pas encore quels travaux je réaliserai en cette année de grâce, je dis que je ne pouvais pas savoir de combien de personnes j’aurai besoin, notre travail consistant essentiellement, dans le fond, à une prestation intellectuelle que je ne pouvais pas chiffrer d’avance comme ça. Cette remarque ne fut pas retenue, car il fallait absolument que je produise ce document prévisionnel, avec si possible les justificatifs appropriés pour des travaux que je ne connaissais pas encore. Tout devenait absurde ; Je pouvais estimer que j’aurai certainement besoin de mon équipe, mais je ne pouvais pas dire pour faire quoi puisque je n’avais pas le détail des travaux prévus en deux mille un. Un de mes chefs s’accrocha à ses raisonnements abscons voulant coûte que coûte que je fournisse ces renseignements. Après un palabre qui dura presque deux heures, il repartit sans plus de résultat et je promis, pour avoir la paix, de faire quelque chose. C’était à la fois Feydeau et Courteline.


Un peu dégoûté je suis allé au café où j’ai croisé L. qui m’a remonté le moral en me disant que personne ne croyait à ces prévisions, mais qu’il fallait bien justifier de son salaire, puisqu’on nous le demandait. L. était toujours plein de sagesse...


Le soir je l’ai passé collé derrière mon ordinateur, préparant la riposte à la société Noos qui voulait m’augmenter le prix de mon contrat de raccordement au réseau Internet. Je devrais prendre un abonnement ailleurs et les laisser tomber.


Pour le reste queutchy comme dit Lulu."



Voilà... Je pense que depuis rien n'a changé...



dimanche 11 décembre 2005

Sapins

Quatre heures de sommeil cette nuit. C'est peu !


Avant de m'endormir mise à jour du site des BASCOBAROUDEURS. Je suis son webmaster. Pour les fêtes j'ai fait neiger des sapins. C'est nouveau, ça vient de sortir... J'avais commencé avec les flocons règlementaires , blancs immaculés, bien hexagonaux, mais ça n'a pas plu à B. Par contre ce concept amusant lui convient. Nous sommes, en plus, propriétaires du graphisme des sapins que j'ai créé à l'encre sur un petit coin de feuille de papier puis traîté par informatique pour en faire les sapins qu'ils sont. C'est cool..!.. Pour le repas annoncé j'espère que nous seront une bonne dizaine dans ce restaurant pas cher pour que tout le monde puisse venir: cuisine familiale ++...On y mange goûteux et copieux.


samedi 10 décembre 2005

Cinéma

J'ai fait un jeu hier et j'ai gagné deux DVD : Forrest Gump et Billy Elliot. Outre le fait que je n'ai pas de lecteur de DVD ( j'attends qu'on me l'offre, mais je crois que ça ne sera pas encore pour ce Noël ci ), je ne suis pas pressé de voir ces films. Contempler les BOITES m'est un spectacle suffisamment ravissant pour que je n'ai pas envie de regarder les films qu'elles contiennent...D'autant plus qu'on m'a dit que j'allais pleurer avec Forrest Gump....


J'aime pas trop le cinéma. Je suis toujours jaloux des vies extraordinaires des héros, de leurs exploits invraisemblables, des décors luxueux dans lesquels ils évoluent. Bref mon existence ne ressemble jamais à ça....Alors pourquoi me polluer l'esprit avec des rêves qui ne m'arriveront jamais. Je préfère finalement m'accrocher aux petites choses bien réelles de mon vécu, même si c'est des riens et des peu. Je ne me fais pas mon cinéma... C'est d'un triste parfois...Eh oui ! Faut bien le dire: c'est à chialer souvent, mais c'est la vie...Pas besoin de Forrest Gump pour pleurer...


Dehors c'est plein soleil, ciel bleu, et c'est pas un décor. Si quelqu'un passe ça sera le bonheur...


vendredi 9 décembre 2005

Parler

L'avantage d'être ici, c'est ça : ce matin il fait 11 degrès. Bien sûr le ciel est tout couvert et il pleut par intermittence, mais le temps est tellement changeant qu'on peut toujours espérer voir un coin de ciel bleu à un moment de la journée. L'hiver passe comme une lettre à la poste et on peut toujours aller méditer sur le vaste monde durant de longues promenades le long de l'océan.


B. est une île. Des gens de partout viennent y passer quelques jours. L'air marin les tonifie. Ils font une pause et repartent ragaillardis. Quelques fois certains restent et tentent d'y prospérer. S'accrocher à une île battue par les vents est une chose ardue. J'en ai connu qui sont déjà retournés et qu'on ne voit plus. D'autres se sont bien installés tandis que certains émergent à peine. Il y a des gens dans la misère ici. J'en ai croisé un qui dormait depuis trois mois dans sa voiture. Est-il logé maintenant? Une autre s'en sortait à peine en faisant quelques ménages. Je ne compte pas ceux qui survivent grâce au RMI. Dans le luxe archi total qui s'étale ici, cette misère fait tache, mais elle est tellement discrète qu'on ne la voit pas. On ne peut pas la voir. Je l'ai sû parce que ces gens m'ont parlé.


Voilà. C'était sûr! le vent vient de chasser les épais nuages et le ciel est bleu...C'est bleu, c'est gris, c'est noir, ça bouge, ça passe, c'est la vie...


Mais toujours, toujours, toujours, la mer, imperturbable, bat le rivage et compte le temps...


jeudi 8 décembre 2005

S.

J'ai eu des nouvelles de S. hier. Elle ne va pas bien...


S. c'était un homme, la quarantaine bien tassée . C'est maintenant une femme. Le désir irrésistible du changement lui a pris un jour et il a fait toute la transformation. Il était marié avec deux enfants. Il avait une petite entreprise avec quelques ouvriers.


En mai dernier il est allé se faire opérer en Thaïlande. Il est resté là bas un mois. Il est revenu elle.


Elle a liquidé son entreprise, elle a liquidé sa paternité ( ses filles vivent très très mal le changement ), elle a liquidé son couple ( mais sa femme est toujours à ses côtés ). Elle a commencé sa transformation administrative : elle a pu accoler un prénom féminin à son identité d'origine sur ses papiers.


Elle est rentrée de Bangkok fatiguée et pâle. Elle savait alors que les difficultés ne faisaient que commencer. C'est bien le cas. Sans compter les prises d'hormones, les épilations et autres contraintes liées à son nouveau physique, elle se bat pour être reconnue comme femme par le peuple français, elle se bat pour essayer de se faire rembourser son opération, elle se bat pour conserver sa paternité dont on veut la déchoir, elle se bat pour avoir du boulot. Son petit pactole n'est plus qu'un lointain souvenir, sa femme vient de perdre son travail, c'est la cata... La déprime n'est pas loin...


Je me demande toujours quelles sont les forces étranges qui poussent certains dans ces extrémités...L'être humain restera toujours un mystère...


Je vais passer un petit coup de fil à S et lui proposer d'aller boire un pot....


mercredi 7 décembre 2005

Bible

Quelques petites choses : mon dentiste prend sa retraîte. Je vais devoir en changer. Je l'aimais bien. Il exerçait près de mon ancien boulot. Il était bougon, mais très consciencieux, travaillait avec des loupes comme j'en ai vu porter par les joailliers. Dans sa salle d'attente il y avait une bible à couverture bleue, bien en évidence. Il devait faire partie des témoins de Jéhovah ou d'un truc comme ça... Quand on s'est quitté je lui ai dit: " Alors adieu ! On se revoit où ? En enfer? Au paradis ? Je vous le dit tout de suite, moi je n'ai pas envie d'aller au paradis !" Ca l'a chagriné que je n'aie pas envie d'aller au paradis...


J'ai trouvé ça dans un blog : COMMENT SURVEILLER ses amis, ses amours, ses amantes, ses ennemis, son voisin...( Rayez les mentions inutiles...)


Un acheteur américain s'intéresse à ma CHAUFFERETTE SAINT GOBAIN que je n'ai toujours pas réussie à vendre.. J'en ai déjà divisé le prix par deux. Peut-être que cet objet traversera l'Atlantique...


mardi 6 décembre 2005

Vies

Lauth19 écrit de JOLIES CHOSES: "Tellement défoncé que je me suis endormi sur un escalier. Un week-end chaleureux, sous le signe de l'extasie, avec de grands amis... J'ai toujours eu envie de recommencer ma vie, mais dans le fond ça ne doit pas être possible. Alors je vis, j'essaie... De temps en temps des "haut", trés souvent des "bas". Mais je suis encor là, et tant que le sang coule dans mes veines, tant que l'air pénétre mes poumons, c'est qu'il y a encor un peu d'espoir..."


Il a 19 ans. Il est réaliste. Il se connaît bien. Il se défonce et vit de la sorte une vie chimique sous l'influence de molécules diverses et variées. Il y a ceux dont on modifie chimiquement le comportement dans les hôpitaux psychiatriques et il y a tous les autres qui le font d'eux-mêmes, dans leur vie ordinaire, comme ça. Ils ont une vie. Est-ce leur vie? C'est plutôt la vie des molécules qu'ils absorbent. C'est " ma vie alcool", "ma vie coca", "ma vie ecstasy", "ma vie héro", "ma vie shit", "ma vie amphé"....


Il y a aussi "ma vie Témesta", "ma vie Prozac". Il ne faut pas les oublier non plus...


Je vais rassembler toutes ces boîtes de vies, les vernir, les coller les unes aux autres, les monter sur un socle en marbre et j'aurai ainsi une statue, un objet ô combien représentatif des vies de beaucoup de mes contemporains. Cette statue, bien en vue dans mon salon, me permettra des dialogues intenses avec chacun d'entre-eux.....


lundi 5 décembre 2005

A.

Je reçois des nouvelles assez inattendues. Des anciens habitants de A. où j'ai passé mon enfance me contactent suite au site de photos que j'ai fait sur ce charmant petit village. Il y reste 800 habitants et j'en suis parti voilà bien longtemps, mais comme pour beaucoup, le village de mon enfance, c'est un endroit unique pour moi. Les gens y étaient gentils d'une manière incroyable, savaient vous préserver, étaient solidaires. Je n'embellis pas. C'était une vraie communauté alors et elle avait sû tirer les conséquences des rudes épreuves qu'elle venait de traverser. J'ai vécu une enfance dans la sorte d'euphorie qui saisit les peuples après les guerres quand l'avenir s'ouvre enfin vraiment plus radieux...Il y avait encore des chevaux dans les fermes, des charrois, du crottin dans les rues. Je me souviens encore des sonneries des quatre cloches de l'église. Il y avait des odeurs de foin l'été quand les chariots rentraient remplis au delà des ridelles. Je me souviens aussi de mes grand mères... Oh, que le temps passe...!.

dimanche 4 décembre 2005

Bâtard

En cherchant la copie d'une lettre hier ( recherche infructueuse pour l'instant ), j'ai revu les photocopies d'actes anciens concernant mes ancêtres de mâle en mâle et dont je porte le nom par conséquent. Là aussi je suis dans une impasse. Je suis arrivé à l'année 1764 et au delà je n'ai rien trouvé. Il faut dire que les curés étaient, pour certains, des jeanfoutres et qu'ils se moquaient complètement du soin à apporter à la rédaction de l'acte de baptème d'un pauvre fils de laboureur comme c'est le cas pour mon ancètre Jean.


La lecture de ces documents donne une idée de ce que peut être une société ségrégationiste: des belles écritures et des rédactions soignées pour les nobles et les riches, et des pattes de mouches pour le reste. Et puis, ce qui donne le vertige, les mots "bâtard", "enfant illégitime" bien écrits sur les actes de baptème comme pour marquer à jamais la destinée de ces enfants là. C'est l'Eglise qui avait ces attentions avec de pauvres innocents qui n'y pouvaient rien. Je rêve....


Autre crêve coeur à la lecture de ces documents: tous ces actes de décès d'enfants en bas âge. C'est hallucinant leur quantité ! On imagine mal que c'était comme cela il n'y a pas si longtemps.


Et puis la Révolution arrive: riches ou pauvres, tous ont droit à des actes écrits avec soin, d'égale longueur. On a tous oublié tout ce qu'on doit à la Révolution Française....


samedi 3 décembre 2005

Petit

Préparation de la transhumance : ménage (léger), transfert de fichiers. Deux semaines passées ici. Il y fait plus froid que là bas. Quelques cadeaux déjà achetés pour les fêtes. Le reste des achats se fera dans le sud. Pas la peine de me charger : j'aime voyager léger. Trois fois rien, trois pommes, trois petits tours.... Ca me fait penser à la comptine de Mozart: " il était un p'tit homme, qui s'app'lait Guilleri, carabi, s'en allait à la chasse, à la chasse aux perdrix, carabi, titi, carabi, toto, carabo, te lairas-tu, te lairas-tu, te lairas-tu mouri...." J'ai toujours imaginé être ce petit homme Guilleri. Ca m'allait très bien. Je n'ai jamais eu le sentiment que j'étais grand physiquement. C'est étrange, les autres ne me voient pas du tout comme je me sens. Mon image m'échappe totalement et je ne la maîtrise pas. C'est aussi bien ainsi, mais ce décalage parfois me crée des petits soucis ou m'entraîne dans des quiproquos. Pas grave finalement...


C'était la rubrique " on n'est jamais satisfait de ce qu'on a..."


vendredi 2 décembre 2005

Après

J'ai, en gros, passé cinq ans de ma vie à régler le problème de la mort. J'ai fait ce travail entre 25 et 30 ans. J'ai eu alors des moments d'angoisse qui m'empéchaient de prendre le volant et de conduire. L'angoisse n'a pas totalement disparu: je me réveille parfois en pleine nuit, totalement en sueur, l'esprit chamboulé, terrorisé de devoir mourir.... Mais , petit à petit les choses se sont mises en place. La première c'est que c'est inéluctable. C'est déjà une bonne base de départ. La deuxième, merci Gainsbourg, c'est que le néant, on l'a tous déjà connu. On a tous à peu près 13,7 milliards d'années de néant avant notre naissance, et je dois reconnaître que c'était pas si désagréable que ça...Recommencer cette expérience, ça ne me dérange pas du tout...La troisième je l'ai trouvée dans la lecture passionnante de l'astronomie de Flammarion, deux gros tomes bourrés d'équations que j'ai mis tout un hiver à lire: la vérité, c'est qu'on est perdus, mais perdus de chez perdus, seuls, isolés dans l'univers....On est rien en fait, tout petits, des crottes, des chiures de mouches. Alors la vie dans tout ça? P. m'a dit un jour : "entre le berceau et le cerceuil il faut bien faire quelque chose". C'est une juste vision de la situation. On est là, on ne l'a pas choisi et on fait quelque chose. Point barre.


Finalement je me suis dit: "Mon gars t'a cherché à comprendre. Tu te poses toujours des questions et t'as toujours pas trouvé de réponse. Et si finalement la vraie réponse c'est "qu'il n'y a pas de réponse". Subtil en fait: on a beau chercher on ne peut pas trouver de réponse absolue, prouvée, certifiée. La vérité sur l'après, elle n'existe pas. Personne n'est revenu des limbes pour nous raconter comment c'était après. Les humains ont peur du néant et ils croient n'importe quoi, pourvu que ça les rassure: c'est le fond de commerce des religions...


A trente ans j'ai enfin su qu'il n'y avait pas de réponse. Et depuis, comme l'a dit si bien P., je fais quelque chose et j'essaie toujours de le faire bien, à fond, avec sincérité.


Et un jour je partirai retrouver le néant...


Comme les marionnettes: " trois petits tours et puis s'en vont..."


jeudi 1 décembre 2005

chemin

Ce matin au réveil, c'est ce tableau que j'ai regardé. Il est dans ma chambre. C'est un de ceux que je préfère: il est archi simple. Il n'y a rien et il y a tout. Quelques traits, quelques coups de pinceau, c'est rien... C'est une ruelle, un chemin, et qui n'est pas droit. On ne voit pas où on va. On est un peu enfermé par les murs. Il y a du soleil aussi. Cet espace est quelque peu organisé : les courbes essaient d'être régulières. C'est à Patmos. C'est déjà l'Orient...