mardi 1 mai 2018

Du premier mai....

Le seul intérêt que peut présenter le nombre soixante et onze, c'est qu'il est premier, ce qui pourra, pendant une année, me faire un petit sujet de conversation.
Pour le reste, je sens que je vais subir d'une manière ou d'une autre le poids des ans. Cependant mon père est mort très vieux sans n'avoir jamais eu mal nulle part, ce qui me laisse espérer une belle suite bien bandante encore. 
L. a apporté ce joli bouquet. Il m'a aussi dit ce matin que je le considérais comme "mon assurance vie", faisant allusion certainement à notre différence d'âge. Je lui ai répondu qu'il se sous-estimait et qu'il était bien plus que cela pour moi. Je ne sais pas ce qui lui a pris, c'est la première fois qu'il me dit une chose pareille, mais bon, j'aime bien cette franchise directe et sans fioritures qui me donne l'impression que j'accède à la vérité profonde de celui qui s'exprime en face de moi...

J'ai revu F. il y a quelques jours et j'ai passé tout le repas à lui dire que lui aussi se sous-estimait, que les difficultés qu'il rencontrait étaient en quelque sorte universelles et que se construire était un long et patient travail...  Il est vrai qu'il part de loin, avec un père biologique qu'il n'a jamais connu et dont sa mère n'a jamais voulu lui parler. On n'a pas tous la chance d'avoir un bon départ...

Si je me penche sur le mien, il ne fut pas terrible non plus, enfin pour ce que j'en crois. Mes parents pratiquaient la méthode Ogino et je fus la concrétisation de son fiasco, ce qui mit mon père dans une colère effroyable dont me parlèrent mes tantes et mes grands-mères des années plus tard : en attendant de pouvoir me dire deux mots, il se vengea férocement, d'après ce qu'elles me racontèrent, sur les carnets où il notait scrupuleusement les évolutions thermiques de ma mère...
Le choix que je fis quelque temps plus tard, à tort, de naître le jour de la fête du travail et, circonstance aggravante, la première année où ce fut férié et chômé, en a rajouté une bonne couche. Dès lors ma réputation d'indésirable, de fainéant et de provocateur n'était plus à faire, au point où j'ai passé toute ma petite enfance chez mes grands-parents maternels, loin de mon père...



Puisque nous avions un beau soleil nous sommes allés faire un tour en ville après une petite sieste réparatrice pour voir les murs du musée d'art moderne recouverts de grandes fresques en noir et blanc peintes directement sur les pierres en grès, lesquelles fresques font la part belle à l'anglais. Mais nous sommes en France, palsembleu, il faudrait peut-être arrêter de nous auto envahir avec cette langue !



Plus loin un magnifique coquillage en bronze, réplique d'un vrai coquillage.  Pour créer cette œuvre, Marc Quinn a utilisé la technologie innovante du scanner et de l’impression en 3D, qui constitue la révolution digitale et numérique de ce début du XXIème siècle, à l’instar de l’imprimerie typographique mise au point par Gutenberg au XVème siècle, qui a permis la diffusion du savoir.



Et pour terminer cette promenade, un quintette à cordes saluait l'authentique squelette de mammouth de Sibérie en cours d'installation qui va trôner un certain temps dans son  cube près de la cathédrale...




Si j'ai bien entendu les infos, d'autres pendant ce temps voulaient tout casser à Paris...

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