jeudi 17 août 2017

Barcelone

Des pensées et beaucoup de chagrin pour ces morts et ces blessés  écrasés tout à l'heure par un fanatique islamique à Barcelone.  On annonce 13 morts, 50 blessés.  Quelle tristesse !

De la peinture


N. regardait il y a quelques jours ce petit tableau qui n'étais pas encore sec quand il fit une allusion au temps que j'avais dû y consacrer.  " Moins d'une heure " lui répondis-je. Comme il me regardait l'air étonné, j'ai développé sur les 30 000 œuvres de Picasso, environ une oeuvre par jour de sa vie,  et donc il y a forcément des choses qu'il a faites en cinq minutes, j'ai développé sur la peinture moderne et ce n'importe quoi généralisé que le marché de l'art présente comme essentiel et qu'il faut absolument posséder pour être quelqu'un et avoir réussi, peinturlures dont 95% seront complètement oubliées dans 30 ans, et dont la réalisation ne doit pas demander plus qu'une heure ou deux pour des toiles pourtant gigantesques, j'ai poursuivi sur les 20 000 coups de pinceau, voire davantage qu'on a compté sur les toiles de Monet qui a dû consacrer quelques jours à chacun de ses tableaux, ce qui m'inspire plus de respect et d'admiration surtout lorsqu'on considère la cohérence et l'aboutissement du résultat...  Mais donc, une heure, oui, pourquoi pas, d'autant que j'essaie d'aller vers l'abstraction et cherche à faire comme tout le monde.....

J'ai reçu, il y a déjà un petit moment, une carte postale que ma fille m'a envoyée de New York d'où elle  m'a écrit, peut-être voulait-elle faire un pèlerinage familial dans un endroit que j'ai consacré par la peinture, ou voulait-elle vérifier que je peignais vrai, ou encore  voulait-elle juste me faire plaisir  : "A propos, à Central Park, on s'est trouvé pile à l'endroit d'où tu as peint ton tableau".
Ça m'a ravi...




mardi 15 août 2017

La photo du mois

Le thème du mois : effet gyroscopique



Thème que j'ai trouvé très difficile à illustrer, à part montrer une roue de bicyclette, de moto ou une toupie.  Je vais cependant partir dans une autre direction. Là vous avez droit à mon lavabo de salle de bain, histoire de montrer l'eau en train de se vider et par la même occasion de se mettre à tourner dans le sens des aiguilles d'une montre, puisque je suis dans l'hémisphère nord, voir ce petit film, entraînée par la force de Coriolis de cet immense gyroscope sur lequel nous vivons, la Terre...
Les scientifiques affirment que cet effet n'est qu'une légende urbaine puisque cette force est trop faible pour entraîner un tourbillon dans un lavabo. J'ai donc procédé soigneusement et j'ai attendu que l'eau soit bien stabilisée après avoir rempli le contenant. Puis j'ai ouvert la bonde : aucun vortex effectivement, mais je me demande ce qu'il faut penser de tout cela...


Ont également participé

jeudi 10 août 2017

News


C'est le creux de l'été et pourtant un fou furieux, islamisé, a foncé avec une voiture sur des militaires hier matin. Il a été arrêté dans l' après midi après avoir reçu 5 balles. Encore un abruti  qui va nous coûter cher à soigner, à juger et à garder en prison pendant des années. Quand on les arrête morts, c'est beaucoup plus économique..

Sinon, il fait moins chaud et il pleut. J'ai lu quelque chose sur le statut de Brigitte Macron et une pétition lancée par un "gugusse bidon qui s'autoproclame...".   Vouloir être transparent ne plait pas à tout le monde. J'ai lu aussi que Macron chutait dans les sondages, ce qui doit réjouir Mélenchon.. Mais remettons tout cela à plus tard.  L'automne nous donnera certainement des tas de raisons de parler de politique...

Oui, bon, c'est vrai, la terre tourne toujours. Mais je n'ai pas trop envie de le savoir. Je procrastine et c'est très bien comme cela..

Je chine cependant,
Par exemple j'ai trouvé quelques cartes-puzzles incomplètes, malheureusement, qui datent de 1850 et qui valent bonbon quand elles sont en bon état. Je ne sais pas ce que les enfants pouvaient retenir de ce jeu: un puzzle ultra facile, des cartes ultra compliquées. Sur celle-ci la Prusse est toujours la Prusse, sur d'autres, Nice n'est pas encore en France... Un jeu qui fait triste.. L'univers des  petits a bien changé depuis...



jeudi 3 août 2017

Du bug...

L'hyper panne de la SNCF doit attirer notre attention sur le monde qu'on se prépare. On conçoit des systèmes de plus en plus sophistiqués, de plus en plus complexes, de plus en plus gérés par l'informatique et on accroît par là la fragilité globale de notre société. Le moindre papillon  peut être fatal... Le mot "bug" d'ailleurs veut dire insecte et nous remémore, ou pas, qu'une mite est allé se faire griller les ailes dans les composants d'une énorme machine des temps préhistoriques provoquant ainsi sa panne.....

Avant d'afficher un signal vert pour faire partir un train, l'ensemble des systèmes contrôle des  milliers de paramètres et il suffit qu'un seul d'entre-eux soit négatif pour que le signal reste au rouge. Sans préjuger de la cause réelle de cette panne, ça pourrait-être le défaut d'isolation d'un câble enfoui sous terre qu'un rongeur a grignoté à 3 km d'un poste de contrôle et qui ne transmet plus l'information "l'aiguillage XY donne bien la direction de Rennes"....

Qu'on se souvienne aussi de la dernière panne informatique, planétaire, due à un virus qui, je crois, se duplique encore, et qui par exemple en touchant une grande entreprise de distribution il y a une quinzaine de jours, l'a empêchée de gérer ses stocks, ses commandes, ses livraisons, lui a fait perdre  toutes ses archives et beaucoup d'argent.. Le bordel intégral..

Ainsi, notre fragilité augmente à mesure que notre mode de vie devient de plus en plus organisé, de plus en plus contrôlé, de plus en plus connecté... Je n'ose pas imaginer notre monde dans cent ans.

Revenons donc à des processus plus primaires. J'ai croisé cet objet aux Emmas. Un objet bien réel et une  marque qui existe vraiment.  Vous rentrez tout le monde politique là dedans et hop!, un coup de moulinette Jupiter, et les partis ressortent en miettes... Et ça ne risque pas le bug informatique...



lundi 31 juillet 2017

De tout, de riens....

La future sixième république aura déjà fait dans les dix morts hier au Venezuela qui se transforme de plus en plus en une dictature  bolivarienne du président Maduro puisqu'il est désormais désapprouvé par 80% de sa population et qu'il ne reste au pouvoir que grâce à l'armée et à la police.
Les Venezueliens émigrent en quantité, ont  perdu chacun en moyenne dans les huit kilos de masse corporelle par suite des privations de toutes sortes et ce pays producteur de  pétrole est en plein chaos.

Nos bolivariens, ici en France, n'en sont pas encore là, mais donnent des signes inquiétants : tenue débraillée à l'Assemblé Nationale, agressivité, exploitation du moindre incident et leur sixième république ne  vaudra guère mieux que celle du dictateur Maduro....
Ils nous disent parler au nom des pauvres, mais Mélenchon, qui est dans la politique depuis quarante ans, n'a jamais travaillé en usine, n'a jamais été chauffeur poids lourd,  prend l'avion en première classe et dispose d'un joli patrimoine, tandis que la compagne du pauvre Corbière, avocate, va être chroniqueuse à la télé chez Thierry Ardisson dans "Bonjour les terriens", par ici la monnaie....
Comme on voit, chez les bolivariens français, on nage en pleine misère et quand on invoque les pauvres, on sait de quoi on parle...

Autre sujet.
Je m'aperçois que le décès de mon père ne passe pas comme une lettre à la poste. C'est surprenant. Je m'étais autorisé, disons, à ne pas l'aimer, véritable conquête sur moi-même, il y a fort longtemps, en raison de sa dureté et de son homophobie, mais ses dernières années passées à la maison de retraite, ces dimanches où nous sommes allés nous promener jusqu'au port après avoir déjeuné ensemble, la dernière fois début mai, sa personnalité qui ne pouvait pas laisser indifférent, le fait qu'il soit resté debout jusqu'au bout du bout, sa présence rassurante et  des tas d'autres choses  font que le vide qu'il laisse me déstabilise un peu..

Tout cela va s'arranger, le temps de réorganiser et de mettre à jour mes logiciels affectifs ainsi que la bibliothèque fondamentale et enfouie qui organise ma pensée et pilote mes sensations. On appelle cela travail de deuil. Je l'appellerais plutôt travail d'accoutumance.

J'ai pu trouver quelques oreilles bienveillantes pour évacuer un peu de ma tristesse et je les en remercie...

J'ai repris ma petite vie ordinaire. Hier matin chinage à potron-jacquet...  J'en suis revenu avec ce gastéropode  et ses petits, objet attribué à Benjamin Rabier auquel on doit aussi le logo de la " Vache qui rit". L'article qui lui est consacré dans Wikipédia ne fait pas allusion à son apport essentiel à l'art de manger ces invertébrés. Discutant gravement de cet état de choses avec L., nous avons décidé de l'essayer  pour savoir si les piques sont vraiment efficaces et par conséquent, de nous enfiler cet automne, attendons que le corps ait besoin de  plus de calories,  au moins une bonne douzaine d'escargots chacun...


mardi 25 juillet 2017

Des fragilités....

En cours d'atterrissage..

Autre événement qui était inattendu c'est la découverte de l'addiction à la voyance d'une amie proche. Ses enfants ont été alertés par d'infimes indices, autant dire par rien, mais son fils, puisqu'il avait une procuration en bonne et due forme de sa mère, une chance inouïe, est allé  à sa banque consulter ses comptes  pour éliminer quelques doutes.
Ce qu'il a découvert est hallucinant! C'est le moins qu'on puisse dire.
Ça durait depuis plus de deux ans. Moi, personnellement je n'avais rien vu. Ils sont en train de faire le bilan qui pourrait s'élever à 20 000 euros.
Leur mère est dans une dépression profonde, mais ne laissait rien paraître, se réfugiant dans les consultations par internet, des consultations par téléphone, des abonnements sur des sites douteux basés partout sauf en France, prélèvements automatiques, crédits revolving, disparition des économies, etc, etc...  Le mois dernier presque toute sa retraite y est passée...

Ils ont réagi rapidement. Examen par un psy, ils lancent la mise sous tutelle de leur mère, blocage des prélèvements, suppression de la carte bancaire, blocage de certains numéros de téléphone, etc.., en attendant la réaction de ces monstres qui ne vont pas cesser de la harceler comme le racontent les forums de ceux qui sont tombés dans cette dépendance et qui sont parvenus à en sortir.

Tout cela, bien entendu, me rend très triste. Mais comme je  le dis plus haut, je suis en train d'atterrir, je reprends le cours ordinaire de mes jours, et je me félicite, puisqu'on peut toujours positiver,  que le problème ait été découvert à temps et que sa maison n'y soit pas passée...

Nos fragilités sont parfois immenses...

Autre système qui exploite les fragilités des gens, cette bonne vieille église catholique qui vient de nous relancer d'une lettre pour nous dire qu'elle avait récolté tant d'argent à la quête lors des obsèques de mon père, qu'elle avait décidé d'en concacrer une  partie, "selon la tradition", la messe de huitaine à laquelle, du coup, mon frère s'est cru obligé d'aller, qu'elle nous demandait nos instructions pour dire quelles messes à 17 euros ( j'ai trouvé que ce n’était pas cher, le Paradis c'est pour rien... )  nous souhaitions choisir dans le planning qu'ils nous proposaient.
Nous avions pourtant dit au prêtre, au cours de cette fameuse réunion, qu'il fasse ce qu'il veut de cet argent.  J'ai donc réitéré poliment avec l'accord de mes frères :

"Monsieur le curé,
Nous vous remercions d'avoir bien voulu nous donner le décompte de la quête qui a été faite durant la belle célébration des obsèques de notre père, laquelle nous a apporté réconfort et apaisement.
Comme nous l'avons dit, vous pouvez disposer de cet argent comme vous l'entendez.
Vous remerciant, nous vous prions d'agréer, monsieur le curé, notre respectueux souvenir."


mercredi 19 juillet 2017

Du Merci...

Voilà. Une sorte de vide à gérer.
Question de mes enfants : "est-ce que tu vas garder l'appart?
- Oui si vous continuez d'y venir, et puis oui de toute façon. Mon frère va s'installer définitivement ici dans quelques temps et donc..."

Pour l'heure j'hésite encore pour savoir si je remonte ou pas maintenant. Des soucis de riche comme me le dit parfois ma fille avec humour...

Ce qui me fait penser à notre femme de ménage qui va bientôt partir en retraite. Elle s'étonnait il y a quelques jours auprès de moi, qui fait partie du conseil syndical de notre  copropriété, qu'on ait affiché une information pour annoncer son départ.
"Moi, une petite femme de ménage qui ne suis rien du tout, pourquoi prévenir  de mon départ?
- mais c'est que vous êtes importante ! Déjà  trente ans que vous êtes ici. Tout le monde a apprécié votre travail. Et puis vous avez fait du lien social en discutant avec tout le monde, un bonjour par-ci, une petite conversation par-là. Vous ne vous rendez pas compte comme vous étiez estimée.."

C'est ainsi que j'ai aussi chaudement remercié tout le personnel de la maison de retraite. Mon père y a passé un peu plus de cinq années qui, de mon point de vue, furent cinq bonnes années de sa vie. Faire de la vieillesse quelque chose qui garde une beauté et une dignité  c'est le challenge auquel ils parviennent le plus souvent.
Faire la toilette intime des malades, changer les couches, pousser les fauteuils à roulettes, donner la becquée peut donner le sentiment d'être au bas de l'échelle sociale, mais ces gens indispensables, souvent remplis de la  plus grande compassion, méritent toute notre reconnaissance et notre considération. Personne n'est petit à mes yeux et je sais tout ce que je dois aux autres.
Un merci n'est jamais de trop...


vendredi 14 juillet 2017

De l'enterrement

Mercredi matin, mon frère et moi sommes allés préparer l'enterrement à la cure d'un village voisin.
Le jeune prêtre, originaire du Bénin, nous demanda de choisir des textes, des intentions, des prières, des chants, une ou des langues (chants en basque ou pas), l'évangile, et pour l'athée que je suis, et l'athée que me semble être mon frère, ce fut une sorte d'exercice de haute voltige, d'autant qu'il nous a présenté une plaquette où il n'y avait plus qu'à dire :"je prends la prière numéro 10, le chant 24, les intentions 12, l'évangile 3, etc.."
Trop simple..

Pour la première lecture je lui ai demandé s'il pouvait nous prêter une Bible pour que je relise le début de l'Ecclésiaste. Ce qu'il fit.
J'y cherchais le trop beau " Vanité des vanités, tout est vanité", mais dans la traduction qu'il me donna ça n'y était pas.
Mais quand même :
"Quel profit l’homme retire-t-il des peines qu’il se donne sous le soleil ? Une génération s’en va ; une génération lui succède ; la terre cependant reste à sa place. Le soleil se lève ; le soleil se couche ; puis il regagne en hâte le point où il doit se lever de nouveau. Tantôt soufflant vers le sud, ensuite passant au nord, le vent tourne, tourne sans cesse, et revient éternellement sur les cercles qu’il a déjà tracés. Tous les fleuves se jettent dans la mer, et la mer ne regorge pas, et les fleuves reviennent au lieu d’où ils coulent pour couler encore. Tout est difficile à expliquer ; l’homme ne peut rendre compte de rien ; l’œil ne se rassasie pas à force de voir ; l’oreille ne se remplit pas à force d’entendre. Ce qui a été, c’est ce qui sera ; ce qui est arrivé arrivera encore. Rien de nouveau sous le soleil. Quand on vous dit de quelque chose : « Venez voir, c’est du neuf », n’en croyez rien ; la chose dont il s’agit a déjà existé dans les siècles qui nous ont précédés. Les hommes d’autrefois n’ont plus chez nous de mémoire ; les hommes de l’avenir n’en laisseront pas davantage chez ceux qui viendront après eux."
C'était exactement le genre de texte que je souhaitais : le temps passe, inexorable, et nous sommes sans illusion sur notre destin.
Mon père l'était...
J'ai eu l'impression que le prêtre ne connaissait pas ce passage de ses saintes écritures et il m'a fait remarquer au moment de nous séparer que je l'avais étonné.
Mais l'heure était à savoir qui le lirait. Peut-être la fille de mon frère? On verrait...

Puis ce fut le moment de choisir l'évangile. Je voulais relire le passage sur les pèlerins d’Emmaüs où ceux-ci disent « Reste avec nous, car le soir approche et déjà le jour baisse. », qui pour moi marque l'esprit de solidarité et est fondateur du mouvement d'Emmaüs, mais  cette seule phrase, importante à mes yeux, noyée dans le reste, disparaîtrait à la lecture. Nous avons donc choisi un texte plus basique non sans avoir remarqué que cet évangile sur les pèlerins d’Emmaüs figurait dans le panel des choix proposés dans la plaquette.

Pour les intentions, ou prière universelle je crois, nous avons choisi parmi les trois retenues celle où nous prions pour les  malades et les handicapés et pour ceux qui s'en occupent, ce qui fut, sans le faire exprès, particulièrement opportun,  car un cousin a sa femme atteinte de la maladie de Charcot, une des pires maladies qui soit, chose que je n'avais pas en tête à ce moment là.

Et puis vint la question de savoir si on chanterait le Notre Père en français ou en basque. Nous fûmes unanimes : en français. Mon père avait crisé en allant à la messe quand il est arrivé ici il y a cinquante ans. Plus de la moitié de l'office était dit en basque et il s'était senti rejeté jusque dans ses croyances. Il avait été voir le curé pour essayer de faire augmenter la part du français, il avait été jusqu'à couper des pièces en deux pour n'en donner que la moitié à la quête, ne voulant participer que pour la partie qu'il comprenait, mais rien n'y fit. Il finit par ne plus y aller. Nous avons raconté tout cela au prêtre pour qu'il comprenne nos raisons, ce qu'il fit..

Pour résumer le reste de l'entretien de préparation, le prêtre nous demanda notre avis sur une foultitude de détails, musique d'entrée  (ah bon, il y aura de l'orgue!) , musique de sortie, y aura-t-il des communiants ou pas, veilleuses posées par les enfants sur le cercueil, que fait-on de la quête, etc...

Au moment de nous quitter il nous proposa de réciter une prière et je lui dis alors que j'étais non croyant, mais que j'allais m'associer à lui. Il a dit sa prière et nous l'avons accompagné en baissant la tête...

L'après midi je suis allé avec ma nièce, remplacer ses parents pour une veille au funérarium où mon père était exposé dans son cercueil..

Hier matin je me suis vêtu de sombre avec une cravate. L'office était assez tôt. La famille était presque au complet à part ma fille qui était à New York et n'avait pu rentrer.

Un peu avant l'office, le prêtre est revenu à la charge pour les chants en basque. Mon frère a donné son accord parce qu'il fallait quand même faire plaisir à l'organiste et aux participants et moi le mien en lui répondant que puisque mon père allait être enterré en terre basque, il n'avait qu'à se mettre à l'apprendre et qu'il avait désormais toute l'éternité pour cela.

Le premier voisin  qu'on n'avait pas prévenu, mon frère m'assurant qu'il était mort, était là selon la tradition, à 91 ans,  et a ouvert, en portant la croix, la courte procession entre le corbillard et l'église dans laquelle nous sommes entrés sur l'air de la sarabande de Haendel jouée à l'orgue.

Si l'extérieur de la petite église du village où habitait mon père est totalement dépouillé et d'un blanc immaculé, l'intérieur est carrément remarquable dont un magnifique retable du 18e siècle classé monument historique. J'ai pensé que passer par là  pour être enterré était un véritable  privilège.

Tout fut à la hauteur des lieux. Musique, chants, sermon. Tous les détails que nous avions mis au point la veille prirent place dans le déroulé de l'office. Il n'y manqua aucun coup d'encensoir, aucune goutte d'eau bénite, aucune prière, le Notre Père fut bellement chanté en basque par une partie de l'assistance d'une trentaine de personnes, certains communièrent.... 

Tous les rituels accomplis, nous sommes allés au cimetière où mon père repose désormais auprès de ma mère.

J'ai remercié le prêtre en l'assurant que cette cérémonie m'avait apaisé. J'ai même récité quelques prières pour faire, une fois encore, plaisir à mon père, mais en pensant tout de même qu'il n'aurait jamais pu imaginer, lui le quidam quelque peu raciste parfois, que sa messe d'enterrement serait magnifiquement célébrée par un noir....

L'après midi, rencontre avec les amis, la famille, les invités autour d'un buffet. Plaisir de voir des cousins, et cousines, des neveux et nièces, des enfants, des proches, de partager des histoires, des anecdotes, des rires, des souvenirs...

Une belle journée...