mercredi 19 avril 2006

Frétillants

Rien foutu hier. Pas même tenu un marteau. Journée glandeuse. Une visite rapide à la mer vers 17 heures. Moins de monde sur la promenade. Le week-end pascal est terminé.

Au bar, hier soir, du classique... X. a fait son numéro qu'il tient vraiment bien. C1. s'adonne au SM et traverse la France pour faire des rencontres. C2. s'est plaint de la qualité des programmes à la télé. P. va aller voir le match de rugby de coupe d'Europe samedi prochain. Quelques considérations sur le sexe avec les noirs et les asiatiques. Des développements sur la drague par les réseaux sur internet...

Cette ambiance m'a rappelé celle de février quand la longueur de l'hiver a fini d'épuiser les meilleures bonnes volontés et a tué toutes les velléités de bouger et de vouloir faire quelque chose. Le petit monde se replie alors sur lui-même, se met en état de survie, ne dit presque plus rien et attend que le temps passe. Des petits groupes s'isolent, gèrent les conversations courantes, vite épuisées elles aussi, et les mecs se pétrifient sur leur tabouret devant leur verre, assommés par le néant.

C'était presque le cas hier soir, sauf que l'été se rapproche. Cet état est tout juste transitoire: les touristes frétillants seront bientôt là....

mardi 18 avril 2006

Observer

Discuté hier soir avec un gentil garçon qui travaille dans le plus grand hôtel de l'Ile, classé 40e hôtel mondial. Chambre à 300 euros la nuit.

On s'évitait depuis deux ans: j'avais fait une tentative de main au cul, qu'il a fort bien dessiné, qui avait mal tourné. Et puis d'un coup, hier il m'a causé.

Etrangement transparent, il m'a dit plein de choses sans que je les lui demande. C'est souvent le cas. Je sais combien il gagne, ce qu'il paie de loyer, ses diplômes, son âge, ses espérances...Il a parlé aussi de politique qui le passionne. Le vote des immigrés il est archi contre. Il ne votera pas pour Ségolène pour cette raison.

Il n'a pas tout dit. Il en reste pour les prochaines fois: sa vie sexuelle, sa bite, ses goûts, ses aventures, ses mecs... Et plein d'autres choses encore, j'imagine. Qu'il continue à raconter, car j'ai toujours envie de connaître la cambrure de ses reins et d'aller trifouiller dans son fondement...

Et puis, je crois que la conversation a démarré sur ce thême, il m'a parlé de ses riches clients que tout le monde connaît. J'ai été surpris d'apprendre qu'un animateur télé marchait à la coke, qu'un autre qui eut ses heures de gloire, était maintenant en chaise roulante, qu'un chanteur était infect, que tels autres étaient adorables...etc....

Grands de ce monde, le petit peuple vous observe...

lundi 17 avril 2006

Yam's

Hier, je me baladais sur le front de mer quand j'ai remarqué quelqu'un qui jouait aux dés, seul. Comme ça m'intriguait, je l'ai abordé et il m'a appris qu'il jouait au yam's avec des règles qu'il avait améliorées. Sa méthode de comptage s'enrichissait en effet d'un jeu à l'endroit, d'un jeu en un coup sec, d'un jeu à l'envers, le tout entrecoupé de points de bonification çà et là.

Je lui ai demandé si je pouvais jouer avec lui pour apprendre et c'est comme cela que j'ai fait une partie de dés au bord de la mer. J'ai de la chance aux dés: je l'ai battu en faisant 1321 points ce qui est, m'a-t-il dit, un bon score.

Il m'a invité ensuite à boire un café chez lui.

Il m'a alors raconté.

Il perd son boulot suite à une restructuration. Ne retrouve rien : il a 45 ans. Les économies fondent. Son ménage avec. Sa femme finit par demander le divorce. Avocats, bazar et compagnie finissent par bouffer les dernières ressourses.

Il se retrouve pratiquement sans rien et pour l'aider son beau frère lui propose de venir se loger dans le studio qu'il possède au bord de la mer et d'essayer de trouver du boulot sur place. Il accepte, s'éloigne de ses soucis et arrive ici fin février.

Voilà. Il cherche du travail. Ici, en l'Ile, c'est pas facile. Nous sommes dans un mirage, un miroir aux alouettes, une illusion....Combien s'y sont déjà échoué...?

dimanche 16 avril 2006

Hard Sex

Levé ce matin à neuf heures. Un rayon de soleil insidieux est passé par l'unique fente du volet et ça a suffit... Je me suis couché à quatre heures. Bon, cinq heures de sommeil ça va. Mon quota c'est six heures.

Cette nuit c'était hard sex. Peut-être cent quatre vingts partouzards en rut. Comme d'hab les gens d'ici peu nombreux et des arrivées massives de Bordeaux, de Toulouse, d'Espagne...

Il y avait des participants qui étaient tout équipés avec des uniformes en cuir, genre militaire, avec casquette cuir, string cuir ou jeans, chaps, harnais sur la poitrine et même , pour faire plus vrai, portant des matraques dont, fort heureusement, ils ne se sont pas servi...

D'autres ne portaient qu'un jock strap, ouverts à toutes les éventualités.

Quand à moi, plus pratique encore, j'ai passé la nuit nu, ne gardant que les chaussures et les chaussettes. C'est la tenue idéale pour se livrer à toutes sortes d'activités intenses. J'ai joui quatre fois, ce qui me rapproche de mon record de six fois, mais j'avais alors trente six ans...

Un peu vaseux ce matin quand même...

samedi 15 avril 2006

Blanc

Toujours du taf dans cet appart. Aujourd'hui carrelages. Blancs. Bon c'est toujours blanc chez moi. Il n'y a aucune fantaisie, je vis dans du blanc. Tout ce blanc doit se faire oublier et laisser vivre les choses : les tableaux, les bibelots etc...

Renoir a été enterré en blanc. " Le noir n'est pas une couleur ", il n'en n'a pas voulu pour ses obsèques. Les reines de France portaient le deuil en blanc. Le blanc, ce n'est donc pas n'importe quoi. C'est plutôt une non couleur classe je trouve.

Dans mes envies de blanc, il y a celle là : mettre un jour le pied sur l'Antartique. Les glaces y sont parfois bleutées: c'est pas blanc cent pour cent. Des tas d'animaux vivent dans ces contrèes inhospitalières. Passer quelques heures à regarder ce monde étrange et revenir aussitôt ici, bien au chaud, voilà un de mes rêves.

Les rêves ont cela de bien, c'est qu'on finit toujours par les réaliser. Je rêvais de posséder un baromètre à roue, eh bien j'en ai un maintenant. Ce baromètre, c'était un rêve très raisonnable. Mais les rêves irraisonnables réussissent aussi très souvent . Faut essayer pour voir..

vendredi 14 avril 2006

Panélisation

ACNielsen m'a écrit. Ils me proposent de me panéliser. Cette mission, si vous l'acceptez, consiste à scanner tous les produits que vous rapportez chez vous, à l'aide du lecteur optique ACNielsen qui vous est remis gratuitement. Le lecteur relié à la prise de téléphone transmet toutes les semaines les informations.

En contrepartie vous obtenez des points cadeaux : voyages, micro-ondes, chaînes hifi, téléphone.... Et chaque mois une tombola qui permet de gagner jusqu'à 1000 euros en bons d'achat... La répartition des points cadeaux n'est pas précisée... C'est Brigitte Fournier qui signe tout cela...

Bon, à votre avis, c'est du lard ou du cochon? Qu'est-ce que je fais? Je me panélise ou pas?

jeudi 13 avril 2006

Muscles

Tout le monde me dit que j'ai maigri. Mais non. Je me suis pesé ce matin et c'est toujours du pareil au même. Seulement j'ai dû perdre un peu de graisses et faire un peu de muscles: ma silhouette en est peut-être légèrement modifiée...

Dans le cerveau, c'est pas des muscles: je suis tout vaseux aujourd'hui. Je vais me faire une journée routine pour décompresser un peu...

En l'Ile, temps couvert et plutôt frais...J'irai peut-être voir la mer et ses vagues aujourd'hui. En attendant je vais prendre un bon bain...Et ensuite, peut-être, pendre deux ou trois tableaux...

mercredi 12 avril 2006

Vide

Dans le chapitre de ce-qu'on-peut-faire-avec-son-corps, j'ai trouvé ça hier.

C'est le principe du vide: c'est sidéral... On rentre l'objet dans un tube et on aspire à l'aide d'une pompe. C'est transparent pour pouvoir assister à la transformation et ça procure sans doute des jouissances inattendues.

Je ne porte pas de jugement bien sûr : ceux qui ont envie de faire cela ont bien raison de le faire. Dans le fond, se mettre un percing, se scarifier ou se gonfler les couilles c'est au pareil au même.

Ce corps, dans lequel on passe tellement de temps, est l'objet de tous nos fantasmes et notre relation avec lui n'est jamais simple. J'ai choisi de l'aimer, de ne pas le transformer et de bien l'entretenir: alimentation frugale, exercice physique, sexualité régulière et comme seuls produits de beauté shampoing, savon, et dentifrice. Je me fais couper les cheveux de temps à autre quand je le trouve nécessaire. C'est tout.

Ah si, autre chose.. Je me rase parfois les couilles et là, effectivement, je rentre dans le secteur transformation et modification. Comme quoi !...

mardi 11 avril 2006

Sons

L'horloge resonne: il est huit heures. Elle a son timbre d'origine, c'est à dire que c'est un son tel qu'on l'entendait jadis.

Dans le chapitre des sons de jadis, j'ai des cylindres en cire pour grammophone. Et en particulier un cylindre d'Yvette Guilbert qui a été peinte par Toulouse Lautrec. Il faudrait l'écouter. Mais il est hélas en mauvais état. Les techniques d'aujourd'hui devraient permettre de le sauver. Ces cylindres ne pouvaient pas se reproduire en série, c'est à dire que lorsque ce cylindre a été enregistré, Yvette Guilbert était physiquement là et braillait de toute ses forces... L'invention du disque plat, qui se reproduit facilement par pressage, a balayé cette technique ancestrale...

La chaîne est rebranchée. C'est un vieil ampli tuner Harman Kardon, le top des années soixante, qui mène les sons. Là je poursuis l'écoute de l'intégrale de Mozart...

Une photo des débuts de mes travaux pour comparer avec celle publiée hier...

lundi 10 avril 2006

Nuit

Je redoutais cette première nuit en l'Ile... C'est la nuit, en effet qu'on apprécie le confort ou l'inconfort d'un lieu. J'avais des inquiétudes : la ventilation est bruyante dans les WC et la salle de bain, fenêtres à simple vitrage...

J'avais habité dans l'est au 12e étage d'un immeuble, et je n'avais pas supporté le bruit de fond de la ville qu'on entendait d'autant plus qu'on était en hauteur. Le ville murmure nuit et jour: c'est les voitures qui roulent, les industries qui fonctionnent, les trains qui passent.... Je n'étais resté en ce lieu que 9 mois.

Bon, ici ça va. La qualité du silence est bonne. Pas parfaite, mais un bruit de l'ordre de celui de ma niche en l'Est. Bref un bruit que je vais vite ne plus entendre: c'est certainement le bruit de fond que fait la mer, éternellement en mouvement. On verra si c'est plus intense à la prochaine tempête...

Voilà, toujours du boulot : je continue mon installation : j'espère avoir un évier et de l'eau pour ce midi.....