dimanche 9 avril 2006

Déménagement

Déménagement : ça veut dire que tu te déménas sans ménagement. Mon fils est venu m'aider. On a trouvé un truc : par la fenêtre avec une corde et des gants en cuir, sachant que la perte d'énergie potentielle pour des masses passant du quatrième au rez de chaussée se transforme en chaleur dans les mains qui freinent la corde...

Presque tout donc est passé par la fenêtre. J'ai fait des colis de linge que j'ai envoyé en chute libre et qui ont fait floc en touchant le sol. Le plus bruyant fut un tapis qui s'est écrasé par terre dans un bruit terrifiant. Dernier conseil, ne pas faire comme le tapis car, tombant du quatrième on explose en morceaux en touchant le sol.

Le réemménagement est en cours. Compter une bonne semaine, surtout que je n'ai pas terminé la pose de l'évier, de la plaque gaz, etc.... J'ai remis l'horloge en marche. Elle tic taque, mis ne sonne plus. Ces choses là, presque bi centenaires sont capricieuses avec l'âge...

Dans cet appartement j'ai plein de placards. J'ai donné mon armoire à mon fils. Elle est démontée et il n'aura aucune peine à l'installer chez lui. C'est une belle chose en merisier du début du 19e siècle.

Bref un dimanche de labeur.

Ce soir le repos du guerrier, j'espère...

samedi 8 avril 2006

Hum

L'appartement de l'Ile est très lumineux. Il va falloir que je m'habitue à cette lumière. Moi qui suis un mec de l'ombre, me voilà à voir tous les détails des choses qui m'entourent. Une sorte de revisite des objets familiers avec des couleurs ravivées. Mes tableaux, très colorés, sont jubilatoires dans cet éclairage intense.

Là, en ce moment, le soleil décline et m'envoie, presqu'à l'horizontale des rayons qui pénêtrent bien au fond de la pièce et viennent toucher l'écran de l'ordinateur. Je vais mettre des rideaux pour contrôler tout ça.

J'ai quelques coups de soleil en perspective....

vendredi 7 avril 2006

Courses

Une matinée à faire les courses. Leroy Merlin n'ouvre qu'à 9 heures. Trouver tout ce qu'on cherche prend du temps. J'ai appris que les évacuations de lave linge et de lave vaisselle n'ont pas le même diamêtre. Ben oui, pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué?

Aussi acheté un pare choc pour ma chiotte... Elle va être toute pimpante pour la visite technique...

Cassé. Mais bon... Encore une semaine à tenir...

jeudi 6 avril 2006

Transfert

Tranféré l'ordi en l'Ile. Il a fait son grognon, cette chose, mais il a bien voulu redémarrer. Pas facile de causer à cette bête là. C'est tout blocages, caprices et compagnie. La sale bête... Finalement j'ai eu accès à internet. Voilà une bonne chose de réglée. Je crains les rechutes. On verra.

Mes travaux en l'Ile continuent. Je suis naze de chez naze. L'occasion, avec la fatigue de faire des conneries... Sinon beau temps et cris d'enfants provenant de la garderie qui est juste à côté. Il y en a qui n'aiment pas. Moi, ça me plait: c'est des enfants et c'est bien qu'ils jouent....

mercredi 5 avril 2006

TGV

Le TGV dans un moment... A peine un frisson à 300 km/h. Ca dure une heure. Ensuite ça se poursuit à 200 km/h jusqu'à Bordeaux. Traversée de la Garonne sur le pont Eiffel. Puis c'est les Landes rectilignes et au bout des Landes, la mer.

Ces voyages sont des moments silencieux : il est rare que les gens se causent. Quelquefois des enfants jouent et de bébés pleurent. Le train est souvent plein: c'est une affaire qui roule.

J'ai voyagé une fois à quelques sièges du maire de Paris qui partait se reposer à la suite du coup de couteau qu'il venait de recevoir.

Je vois parfois, au passage, la statue de l'île de Pâques, grandeur nature, que quelqu'un a édifié près de sa maison à la campagne, ou bien le phare breton avec son gigantesque drapeau qui flotte à l'entrée de Paris. Il y a de beaux châteaux à partir de Poitiers...

La France est souvent belle vue du train. Ses paysages enchantent...

mardi 4 avril 2006

Essentiel

Levé tôt. L. avait mis le réveil hier et j'ai oublié de l'arrêter. Ce n'est rien. Avoir plus de temps c'est très bien. Je n'ai plus de café: petit déjeuner au thé...

Des petits détails que je ne gère plus très bien. Il est temps que s'arrête cette période de travaux. C'est presque terminé. Mon fils vient m'aider en fin de semaine et je déménage. Il n'y a pas trop de choses à déplacer là bas.

Par contre ici, j'ai maintenant l'impression que c'est trop.J'ai chiné pendant des années, et j'aime toujours le faire. Des tas d'objets me parlent, me racontent leurs histoires, ont de l'intérêt. J'en ai acheté quelques uns. Ils m'encombrent maintenant....

Je comprends de plus en plus les gens qui vivent dans des décors dépouillés, minimalistes. Le peu et le rien ont leur beauté, leur légitimité et leur sérénité. Aller à l'essentiel... Mais c'est quoi l'essentiel ?

lundi 3 avril 2006

Lassitude

Un peu déprimé. Je fais des petites conneries. Il est temps que j'arrête. Mais bon, le soleil est là, ça va s'arranger...

Tenir un blog dans la durée n'est pas une mince affaire. Ce n'est pas les sujets qui manquent, mais est-ce bien utile de s'épancher ainsi pour quelques lecteurs ? Je me pose cette question, comme m'arrivent de manière cyclique les grandes questions existentielles qui ne trouvent jamais de réponse : on nait, on s'occupe tant bien que mal, on disparaît. Ce schéma est terrifiant et vertigineux...

Que fait-on ici bas ?

Il y en a qui répondent "on prépare la suite". Ils sont contents. Quelques prosternations, quelques prières, quelques rituels et ils sont sûr d'une vie éternelle tranquille et joyeuse. Quel marchandage!

Je préfère mes doutes et mes incertitudes qui m'entraînent au bord du vide sidéral. Je ressens parfois cette chute presqu'imminente dans un néant absolu, et je me dis que finalement ça sera très bien. Disparaître définitivement c'est aussi bon que de rester une éternité entière dans un paradis. D'autant que l'on prévoit la résurrection des corps, dont certains sont très dispersés : "Rend moi mon coeur qu'on t'a greffé, rend moi mes reins..." Que de chamailleries en perspective...!

Bon. Je vais penser à autre chose....

Je serai peut-être, après demain, sans internet pendant quelques jours. Le temps des transferts d'abonnement. L'occasion d'une petite pause dans ce blog. Je vais me ressourcer, et puis, je reprendrai tranquillement mes posts. Je n'ai pas encore terminé ma description méthodique du vide. Il y a tant de choses à dire sur les petits riens....

dimanche 2 avril 2006

Cassé

Un peu en dessous de zéro là ce matin... La fatigue ressort. Pas évident toute cette activité, ces voyages.. Je m'allonge, je m'endors... Je termine l'appart de l'Ile vendredi ou samedi et j'aurai déménagé dimanche prochain.. Si tout suit mes prévisions...

Bon cet après midi repos...Devant la télé avec L et la sieste en rêvant des siestes au bord de la mer...

samedi 1 avril 2006

Avril 2000

Il y a six ans: "Le dimanche il a fait beau, et même très beau, quoiqu’un peu froid. Mais l’habitude de vivre enfermé acquise tout au long de l'hiver nous a fait rester bien sagement dans l'appartement toute la matinée. J’ai cuisiné une petite terrine avec des andouillettes au riesling qui s’est révélée être délicieuse quand elle fut cuite.

Nous avons mis le nez dehors l'après midi pour nous rendre au sauna, tout en nous disant que ce serait le dernier dimanche à sauna avant l’automne.

Il n’y avait pas grand monde et parmi les piliers seul H. et son copain, curieusement coiffé à la Himmler avec le haut de la tête à peine recouvert de cheveux et le reste rasé, étaient là. La mode devenait ridicule et je lui ai dit à qui il me faisait penser. Je ne sais pas si ces remarques lui firent plaisir ou le peinèrent: il ne manifesta aucun sentiment.

Comme L. et moi, ils ont passé leur après midi chacun de son côté, mais avec plus de succès que nous car ils sont plus jeunes. L. ne s’est pas départi de sa timidité et de sa méfiance vis à vis de tout ce qu’on peut ramasser ici et est resté dans son coin, comme toujours, à tirer sur ses cigarettes. Je n’ai pas eu plus de succès, mais étant donnée ma barbe, blanche de surcroît, ce qui ne me rajeunit pas, quoi de plus naturel.

Il était sept heures quand nous sommes rentrés. Le temps de manger des petits fromages de chèvre grillés au four sur une tranche de pain. En dessert j’ai fait des bananes cuites dans du caramel de miel et flambées au rhum , pour obtenir quelque chose de délicieux.

Mes talents culinaires me font me fâcher quand je vais dans des restaurants et que la cuisine est médiocre et sans intention. Rien n’est plus facile que de rajouter un petit détail, un petit plus qui change l’allure et le goût d’un plat. C’est ainsi que j’en ai eu marre de la R. et de son demi poulet sans goût. Nous sommes toujours à la recherche du maître qui nous fera jubiler devant ses assiettes pour un prix raisonnable. Je me suis souvenu à cet égard de notre arrêt dans un routier en Normandie où nous avons dégusté l’un des steaks des plus incroyablement bon de toute notre vie.

Après ce bon repas du dimanche soir, L. était ravi, mais pas au point d’être sexuel. Il accomplit néanmoins son devoir conjugal ce qui ne me plut pas des masses. Je suis toujours à la recherche du petit gars qui en veut et qui fait ces choses là dans un total plaisir.

Nous avons regardé ensuite l’impayable « Arsenic et vieilles dentelles » que je n’avais pas encore vu, mais dont j’avais si souvent entendu parler. Aussitôt après je m’endormis, mal toutefois, car mon torticoli n’était pas encore terminé"

Nazi

Repas hier soir avec N.

Elle vit ses derniers moments de travail et commence peut-être une déprime sérieuse, comme ce fut mon cas il y a quatre ans dans les mêmes circonstances.

" Je me sens devant un grand trou noir..."

C'est ainsi que je ressentais les choses. Plus aucune visibilité, sauf qu'on se lève un beau matin et qu'on a une grande journée vide devant soi : le vide sidéral....

En se quittant, elle m'a donné un livre qui vient d'une de ses tantes décédée depuis belle lurette. Celle-ci était pro nazie pendant la guerre et elle m'a dit qu'elle en avait honte. Je lui ai répondu qu'on ne sait pas qu'elle aurait été notre attitude à l'époque dans les mêmes circonstances et qu'il fallait s'abtenir de juger. C'est pour moi un grand mystère : quelle aurait été mon comportement pendant la guerre ? Couard, résistant, résigné, collabo ? Je ne le saurai jamais, mais c'est une question qui m'a taraudé pendant des années.

Les alsaciens, eux, ont été tiraillés entre l'Allemagne et la France et ce poids de l'histoire se fait toujours sentir ici, de nos jours...

Le livre en question est un livre de propagande nazi de 1941, " Bei Uns In Deutschland". C'est un extraordinaire document avec de nombreuses photographies, dont j'ai extrait celle-ci montrant le bureau de Hitler à la nouvelle chancellerie du Reich. Une pièce démesurée souvent citée dans tout ce que j'ai pu lire sur l'époque, mais que je n'avais jamais vue avant de recevoir ce livre.