dimanche 8 décembre 2013

Du côté de l'enfance

Je suis passé sur une brocante ce matin, mais vers onze heures, trop tard au cas où il y aurait eu quelque chose d’intéressant. A cette heure il n'y avait rien pour moi et ces déballages sont de plus en plus squattés par des pseudos professionnels qui vendent au prix fort une moyenne marchandise. On les voit à chaque fois engoncés dans leur attitude de sachant regardant le chaland comme un rustre qui n'y connait rien. Les services en métal argenté bien astiqués abondent, tout comme ces piles d'assiettes sorties des armoires où elles sont restées plus qu'un siècle à attendre qu'on ose les utiliser pour finir là, quelque peu dérisoires, à attendre encore qu'un amateur en ait envie. Elles attendront longtemps, plus personne n'en veut. Un destin d'assiette: attendre !
J'ai fait deux fois le tour, mais je n'ai rien trouvé. Une paire de jumelles à 5 euros ne fonctionnait pas. Je l' aurait donnée à mes petits enfants à qui j'ai déjà offert un microscope et des loupes pour regarder le petit. Les jumelles leur aurait permis de voir le grand, les cratères de la lune en particulier, première leçon d'astronomie qui appelle d'autres découvertes. J'aime surtout les mettre en contact avec de vrais objets, et même si le microscope a fait chou blanc car il ne s'y sont pas du tout intéressés, les loupes leur ont bien plu et ils jouent avec.
Je suis ensuite allé manger avec mon père. Je trouve qu'il a un peu maigri. Il m'a beaucoup parlé de la petite chorale et des répétitions du petit concert qu'ils donneront à Noël. Trois ou quatre cantiques ou chansons de circonstance..
Après nous sommes descendus vers la mer.  Elle était quasiment comme un lac, sans une ride, à part les lames du spot de Parlementia toujours actives et sur lesquelles glissaient des surfeurs.. J'en ai pris quelques-uns en photo aux limites des capacités de mon zoom, mais ce n'est pas ce genre d'image que je vais mettre aujourd'hui, mais celle d'une sorte de petit bassin au milieu des rochers, l'endroit où j'ai appris à nager quand j'étais petit.
Je suis en effet allé sur les traces de mon enfance sentir les odeurs d'algue, chercher les crevettes, faire fuir les petits crabes apeurés en parcourant les rochers découverts par la marée basse. Mais plus de crevettes, plus de crabes, plus d'anémones, plus d'oursins dans les flaques d'eau qui attendent tranquillement  que la marée remonte... La mer semble s'être vidée de ses habitants... 

Le petit bassin est toujours là. Au moins quelque chose qui reste... Loin d'être saisi par des souvenirs qui ne revinrent pas à la surface, ces rochers n'ayant pas l'odeur des madeleines, je suis retourné vers la promenade où m'attendait mon père qui n'était pas descendu sur la plage, tout en regardant attentivement les grandes pierres plates pour voir si je n'y découvrirais pas des traces laissées par des animaux antédiluviens..Je suis d'un optimisme...!

Mon père voulait rentrer. Je crois que ce côté-ci lui plait moins que l'autre où il croise plus de monde. Toujours prêt à raconter ses sempiternelles histoires, il venait de parler longuement à un surfeur qui revenait de ses exploits sur la crête des vagues. Il a remonté la côte d'un bon pas.


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