mardi 28 février 2006

Convergence

En 1983...

" (...) Mes activités radiophoniques se complétaient enfin par une émission hebdomadaire de deux heures le mercredi soir entre 20 heures et 22 heures à un moment où, vu la concurrence de la télé, personne n’écoutait la radio. Elle s’intitulait « libre échange » et, dans son concept devait permettre l’expression de tous les courants de pensée et d’opinion dans notre radio. Cette émission me laisse un formidable souvenir, encore maintenant, non pas par ce qu’elle fut, que je n’ai pu entendre, non pas parce que c’était en direct, mais par les gens que j’ai eu l’occasion de croiser.

En fait toutes ces rencontres, dialogues, monologues m’ont payé de mon bénévolat. J’étais dans ce contexte dans la position d’un acteur, mais aussi d’un observateur, occupant une toute petite niche dans l’écosystème social, et cette petite place était pour moi comme une dunette, une échauguette ou un oriel qui me permettait de bien regarder le monde et toutes les choses de la vie.

Ce soir là, je recevais les responsables de la « convergence autogestionnaire ». L’émission se déroulait, faute de moyens, dans le petit local technique, situé sous la grande salle de la radio qui était en fait un ancien garage et sa cave. J’assumais seul la régie, c’est à dire que je réglais le volume des différents micros, et menais les interviews que j’entrecoupais de temps à autre de disques. Je ne sais pas si le résultat était bon du côté des auditeurs, mais c’est ainsi qu’on procédait faute de moyens humains et matériels.

Les responsables de la convergence autogestionnaire, reçus dans ces conditions, se sentirent chez eux, car j’imagine bien que ce groupuscule, invité au titre de la pluralité des opinions, n’avait vraiment pas plus de moyens matériels d’existence que nous n’en avions. Ils furent ravis de s’exprimer sur notre antenne et les deux heures qui m’étaient imparties, comme on dit, se déroulèrent du mieux du monde, bien que je doute fort que leurs idées, au demeurant fort généreuses, aient quelque chance de se voir appliquer un jour.

En effet, je me demande bien quels habitants de quelles villes se porteraient volontaires pour autogérer leurs rues, leurs quartiers, se concerteraient en d’interminables réunions pour décider qui du trottoir à refaire, qui du lampadaire à remplacer, qui du montant des impôts à payer. Les gens, de tout temps, ont toujours trouvé plus facile de se décharger de toutes ces contraintes gestionnaires sur leurs élus, ou sur leurs chefs, quitte ensuite à se plaindre amèrement de toutes les injustices dont ils étaient les victimes. Ainsi va le monde. Mais, quelqu'ait été le côté utopique des propos des convergents autogestionnaires, je les ai laissés s’exprimer en toute liberté, ce qu’il firent avec une gentillesse reconnaissante.

Qu’importe d’ailleurs les intentions, idées, qualités ; qui écoutait cette émission ? Leurs amis sans doute qui ne manquèrent pas de se manifester en intervenant en direct en posant plusieurs questions. Mais la très grande majorité des auditeurs potentiels était forcément ailleurs et j’étais sans illusion sur mon taux d’écoute. Quoiqu’il en soit, ils étaient adorables dans leur candeur et leur donner la parole fut un agréable plaisir. (...)"

lundi 27 février 2006

Babel

J'ai toujours pensé, et je l'ai déjà dit ici, que le pire épisode de la Bible était celui où Dieu ( cette chose à l'amour que d'aucuns croient infini ) avait puni les hommes, qui avaient commencé la construction d'une tour à Babel, en les empêchant de se comprendre entre eux...En matière d'amour infini il y a certainement mieux à faire...

Tout ça pour dire que j'ai installé sur mon blog un traducteur automatique en anglais et en allemand. Je vais voir si je trouve d'autres langues. Ce traducteur semble bien fonctionner. Cliquez sur le petit drapeau situé sous le tableau de Klimt. Il prend quelques secondes et vous donne le résultat. Il traduit aussi les sites en liens au fur et à mesure que vous les ouvrez... Amusant de voir ses textes dans une autre langue....

L'avenir ça va être ça : une petite boîte avec un écouteur que vous allez vous coincer dans l'oreille. Vous tendrez le micro vers votre interlocuteur et la petite boîte vous fera entendre avec une voix synthétique ce qu'il dit en javanais traduit dans votre langue presque instantanément ( orthographe: 1 seul N scrogneugneu...! ). C'est pour dans dix ans, je pense, ou bien avant. J'attends ce moment avec impatience...

dimanche 26 février 2006

Dessous

Pas trop cassé finalement...

La soirée carnaval espagnole a tenu toutes ses promesses. Le corsaire au torse poilu s'est fort porté hier soir. D' immenses infirmières chaussées en 46 fillette et toute une équipe chirurgicale veillait sur notre santé... Quelques pharaons sortis de leurs pyramides croisaient des lions pacifiques, des centurions romains, des gretchens pulpeuses... La musique emmenait tout ce monde dans des danses frénétiques.

Un curé lubrique en soutane rouge, surplis, encensoir mais sans mozette ( le port de la mozette se perd de nos jours...) nous a montré ses belles petites fesses sans retenue réglant ainsi une question que je me posais depuis mon enfance : " mais qu'ont -ils en dessous? Rien ! ". J'ai pu le vérifier en y mettant la main. Voilà un mystère définitivement éclairci...

samedi 25 février 2006

Dunes

En février 2000...

" (...) Jeudi. C’est étonnant comme le temps passe vite. Si nous n’avions pris qu’une semaine de vacances, nous en serions à déjà préparer notre retour, à faire les derniers achats, à penser à nouveau au boulot et à mille choses de là bas. Mais nous avons encore quelque temps pour traîner dans les dunes de Maspalomas. Je suis en train de créer un site pour internet . Ca ne se fait pas en cinq minutes. C’est quand même du travail . Bien que les logiciels aident à la programmation, il faut manipuler toutes ces photos et ne pas se tromper . Ce site nécessite des heures d'ordinateur sans compter le temps des prises de vue.

Hier soir, nous avons repris notre rythme habituel et sommes allés au Yumbo Centrum. Pas grand chose de nouveau. Nous avons regardé pour la nième fois le spectacle de travestis de la Belle que nous trouvons moins bien que les années prédédentes. Il faut dire que José qui interprétait avec tant de fougue les danseuses de flamenco est parti. Le spectacle n'est plus réalisé maintenant qu'avec trois mecs dont la Belle qui prend de l’âge et du poids. Mais il y a toujours autant de spectateurs. Donc les affaires marchent.

Ensuite, dans un bar nous avons assisté à un spectacle de strip-tease . Le mec était bien foutu et bien monté. Ce qui a donné lieu à des scènes torrides: il bandait avec une étonnante facilité et s'est fait caresser par quelques spectateurs. Quand nous rentrâmes, L. parla à deux femmes suisses d’âge mur. Elles lui ont dit leur étonnement de ce qu’elles avaient vu dans le Yumbo Centrum et la planète Mecs les surprenait complètement. L. leur causa quelque temps en allemand et quand nous les quittâmes elles retournèrent aussitôt à leurs explorations voyeuses. "Cachez ce sein que je ne saurais voir" c'est toujours d'actualité....

Le temps est toujours magnifique, mais avec un peu de vent. Nous nous sommes installés au milieu des dunes, dans un endroit plus abrité et ce fut nettement plus agréable. L’après midi fut tranquille ainsi qu’à l’ordinaire avec de la musique plein les oreilles grâce aux petites radios que nous avions emportées. Je fis quelques tours dans les fourrés mais surtout par une curiosité de voyeur. Je vis des choses "intéressantes" effectivement. Le retour de la plage fut aussi comme à l’ordinaire avec les arrêts "règlementaires" pour nous acheter des glaces, des cartes postales et de la sangria pour l'apéro.

En fin d'après midi j’ai encore travaillé aux différents sites avec toujours des problèmes avec Nescape Communicator. Difficile à résoudre pour moi. Mais j’y parviendrai.

Les dunes sont toujours aussi impressionnantes, donnant une pleine idée de ce que peut être le Sahara deux cent kilomètres à l'est, et nous avons fait un grand détour pour les traverser en allant à la plage cet après midi..

Nous sortirons tout à l’heure boire notre café traditionnel.

Voilà une journée bien ordinaire. (...)"

News

Préparation d'une transhumance... C'est pour mardi. Lessive, ménage comme d'hab.

Belle journée en devenir...Le soleil apparaîtra bientôt...Douceur garantie cet aprem.

Une bonne nouvelle : la Cour de cassation a autorisé vendredi 24 février qu'un parent homosexuel délègue tout ou partie de son autorité parentale à son partenaire, à condition que leur union soit "stable et continue" et que cette mesure soit "conforme à l'intérêt supérieur de l'enfant". C'est une avancée importante. On se préoccupera légitimement, maintenant, de l'intérêt de l'enfant au lieu de se préoccuper de l'intérêt supérieur de Dieu et de tous ses adorateurs confits.

Une note intéressante aujoud'hui sur le site http://www.u-blog.net/cathogay . Il fait remarquer qu'il ne faut que 3 mois et un jour de séjour en Belgique pour avoir le droit pour les gays de s'y marier. D'ou une véritable ruée actuellement vers la Belgique. L'état français, lié par les conventions internationales, va devoir reconnaître ces couples hexagonaux légalement mariés en Belgique... Je rêve, sans doute...

Ce soir je vais faire un tour en Espagne et demain je serai cassé...

Je vais bientôt me séparer de la petite tortue en verre que m'avait prêtée R.

C'est tout pour les news...

vendredi 24 février 2006

E.

1983...

"(..) E., belle femme brune, qui assurait alors l’émission de voyance hebdomadaire à Sun Radio m’avait fait parvenir une carte postale d'un tableau de Friedrich Meckseper intitulé Sammelsurium et montrant un labyrinthe cassé d’où partait une branche d’arbrisseau, un morceau de cadran d’horloge, une mire, un rocher, un boule rouge, un arc en ciel, la lettre A, une pointe, le tout posé sur une table.

E. avait écrit un commentaire au dos: « Cet assemblage de formes soigneusement étudiées me rappelle quelqu’un. En tous cas ce sera du meilleur effet dans ton coin fouillis. Tu vois que je pense à toi et que tes passions trouvent encore des échos. Un labyrinthe brisé qui donne lieu à cette éclosion feuillue. Beau symbolisme, n’est il pas ? Je t’embrasse fraternellement. E. ».

Qu’elle évoque mes passions me surprenait un peu, qu’elle parle de mon fouillis m’allait très bien, pour le labyrinthe j’étais tout à fait d’accord et pour l’éclosion du rameau c’était en effet très symbolique. Il fallait concrétiser ce symbole. Je suis passé chez elle pour la remercier et nous sommes devenus amants, troublant par nos premiers ébats la vie tranquille de son chat. (..)"

Chronique

En 1983 ...

"(...) Ce matin là la lecture des deux journaux locaux nous mit un peu de baume au cœur : dans le courrier des lecteurs quelqu’un se félicitait de l’existence d’une radio libre à B. qui, ajoutait-il vachement, ne lui coûterait rien sur sa feuille d’impôts. Ce fut le thème tout trouvé de la première chronique que je lus moi-même à l’antenne. Je l’ai intitulée la guerre des radios, faisant le parallèle classique entre l’entreprise individuelle et l’entreprise étatique. En fait dans cet exemple se trouve concentré toute la problématique de la manière qu’on a de gérer un pays et, concernant le délicat problème des médias la question se trouve amplifiée car on touche là à l’un des fondements même de la démocratie. Mais, bien entendu tout n’est pas si simple. Quoiqu’il en soit le contribuable finançait un média d’état et nous, petite radio indépendante nous n’étions pas contents du tout. Et nous le disions. Je terminais cette chronique par un « courage, on les aura ». L’auteur de ces mots, prononcés dans des circonstances bien plus dramatiques, a dû se retourner dans sa tombe….

Le texte écrit, il restait à le dire. Nous avions convenu d’un système très simple : j’enregistrais mes immortelles paroles qui seraient diffusées quelques heures plus tard au moment de la tranche informations. Cet enregistrement fut toujours quelque chose d’assez pénible et le résultat ne m’a jamais satisfait : premièrement ma voix n’est pas une voix radiophonique et ne le sera jamais, elle manque de clarté et je suis difficile à comprendre, deuxièmement le ton n’était jamais bon, plutôt terne, triste. A la suite de cette première chronique je fus effrayé de m’entendre, essayant de faire mieux à chaque fois, reprenant pratiquement toujours les enregistrements, essayant d’améliorer ma diction, donnant un ton plus gai. L’exercice est difficile et je suis sûr de n’être jamais parvenu à le maîtriser. Je ne sais pas ce qu’en pensaient les autres : ils ne sont jamais exprimés à ce sujet . Dans la phase balbucinatoire où nous étions chacun d’entre nous avait conscience de ses propres insuffisances et n’osait pas se mêler de celles de son voisin. Cependant les critiques m’auraient été utiles et m’auraient fait certainement progresser. (...)"

jeudi 23 février 2006

Provisoire

Je ne peux pas passer une bonne partie de la journée à regarder la commission d'enquête parlementaire et ne pas être imprégné en ce moment des problèmes que pose le fait de juger.

J'ai bien essayé de regarder Hercule Poirot sur TMC en soirée, que j'aime, non pas en raison des histoires alambiquées dont avait le secret Agatha Christie, mais à cause de la soigneuse reconstitution historique qui est faite à chaque épisode, des décors, des costumes, de l'ambiance du temps, ce qui ne peut que ravir le chineur d'objets que je suis, mais je ne parviens pas à m'éloigner de cette douloureuse affaire.

Sabine Mariette, troisième membre de la chambre de l'instruction entendue, a mis en cause le législateur qui présente le délinquant sexuel comme "un monstre absolu que la justice est sommée de tenir à l'écart le plus longtemps possible". Elle a remarqué qu'"il pèse aujourd'hui sur les magistrats une véritable pression, législative et médiatique, pour incarcérer plutôt que libérer (...) ".

Notre société serait-elle capable de prendre le risque de la liberté provisoire à la place de la rassurante détention provisoire ?

Je crois qu'il y aura d'autres affaires d'Outreau....

Suite...

Petite musique sur la commission d'enquête parlementaire:

Sabine Mariette: " Est-ce que c'est le rôle de la justice de servir de psychothérapie pour les victimes ?", se demande-t-elle au sujet des affaires de pédophilie. Juste question. Son intervention a été d'une haute qualité et riche en remarques pertinentes.

Quand à Mme Lefevre elle a osé dire que " tout s'était bien passé dans l'affaire d'Outreau, puisque finalement la vérité avait éclaté". Ben voyons....!

mercredi 22 février 2006

Outreau

J'ai passé une bonne partie de la journée , hier, à regarder toute l'audition des deux juges chargés de la détention et des libertés, JLD, par la commission d'enquète parlementaire.

L'un était sémantique, technique, distancié, long, lassant, imbu, hallucinant parfois jusqu'à admettre qu'il rédigeait ses motivations écrites par des "copier-coller". Aux prévenus qui se déclaraient innocents ( forcément puisqu'ils l'étaient ! ) ils reprochait un " mauvais système de défense" pour justifier leur mise en détention, au point qu'un député de la commission s'est écrié à un moment, effaré : " Alors? Ca veut dire qu' une affaire d'Outreau est encore possible ! ".

L'autre, Jocelyne Rubantel, dont le nom mérite d'être retenu, a fait passer un moment de grâce, oui de grâce, dans cette enceinte. Elle a parlé de l'humain, que de l'humain. Du sien en tant que juge ( " comme il est difficile de juger...!" ), et par projection de celui des autres, accusé, avocats, collègues... Elle a dit avec une étonnante franchise "Le JLD est "un juge dépourvu de sensations", et a regretté avoir dû prendre toutes ses décisions sans avoir jamais vu aucun des accusés de l'affaire. Elle a a précisé qu'elle avait découvert les accusés au procès de Saint-Omer en 2004 à travers les reportages de la télévision.

La commision d'enquète parlementaire poursuit, jour après jour, la surprenante introspection de notre système judiciaire. Cette mise à plat, ces dits, redonnent de la force et de la légitimité à notre démocratie... Je lui souhaite bon vent....