mardi 1 avril 2025

Un système mafieux ?


Je n'ai pas regardé Praud ce matin. Il a dû être grandiose.... N'est ce pas une journée idéale pour rappeler que jeter publiquement le discrédit sur une décision de justice est un délit ? En cas de vilaine tentation on pense donc  à l'article 434-25 du code pénal. 

Conséquence attendue, après avoir condamné Marine Le Pen, la magistrate Bénédicte de Perthuis est désormais placée sous protection policière en raison de nombreuses menaces reçues.

Malgré tout le cirque populiste, malgré Marine qui braille partout qu'elle est innocente, 57% des Français estiment que la décision de justice est normale au vu des faits reprochés, 68% estiment que la règle d’« exécution provisoire » en cas de condamnation pour détournement de fonds publics  est juste. (Elabe pour BFMTV).  

Poutine, Orban, Musk, Trump ont  apporté leur soutien à la Le Pen. Ce soutien de ces grands démocrates c’est  le baiser de la mort. 

J'ai été surpris d'apprendre que le majordome de Jean-Marie avait été payé sur des fonds européens. Un personnage plus que douteux. Ce personnage   fidèle parmi les fidèles de Jean-Marie Le Pen, ancien barman au Carlton de Nice est devenu successivement, à partir de 1994, son majordome, son assistant parlementaire et le trésorier de ses micropartis (Cotelec, Promelec). La proximité entre les deux hommes était telle que Gérin fut logé à titre gracieux dans une annexe de la villa des Le Pen à Rueil-Malmaison (Hauts-de-Seine) et disposait d’une procuration sur les comptes bancaires du fondateur du FN. 

Mardi 21 janvier, Gérald Gérin a été condamné par le tribunal correctionnel de Paris à deux ans de prison avec sursis pour fraude fiscale, fraude fiscale aggravée et blanchiment de ces délits, a rapporté l’Agence France-Presse (AFP), pour avoir dissimulé au fisc un trust basé aux îles Vierges britanniques. Au cœur de l’affaire : près de 2 millions d’euros sous forme de lingots d’or, que la justice soupçonnait d’être la fortune cachée du fondateur du FN. L’ex-assistant personnel de Jean-Marie Le Pen, âgé de 51 ans, a également été condamné à cinq ans d’inéligibilité. Le tribunal a ordonné la confiscation de plus de 1,9 million d’euros – un chiffre recalculé correspondant au montant des droits éludés sur l’ensemble de la période. Il lui était également reproché d’avoir omis de déclarer ses revenus afin de se soustraire au paiement de l’impôt sur le revenu, de l’impôt sur la fortune et de la contribution exceptionnelle sur la fortune.

Les attendus du jugement de 152 pages du lundi  31 mars détaillent la manière dont ce qui ressemble à un système mafieux a pu faire main basse sur plus de quatre millions d'euros d'argent européen :

"Ainsi personne pendant le procès n'a pu fournir de "preuve", de "justificatif" d'un quelconque travail en rapport avec le mandat de leur député, a insisté la magistrate, évoquant aussi "un faisceau d'éléments" - la chronologie des contrats, l'existence d'un lien hiérarchique ou non entre le député et l'assistant parlementaire. Elle a évoqué le cas d'assistants parlementaires "passant d'un député à l'autre" ou à qui leur employeur ne confiait "aucune tâche". Comme par exemple Yann Le Pen, sœur de Marine le Pen, officiellement assistante parlementaire de Bruno Gollnisch alors qu'elle travaillait à l'organisation des grandes manifestations du parti. Ou encore ces primes de Noël données à Yann La Pen (soeur de Marine Le Pen) et Catherine Griset (meilleure amie de Marine Le Pen), par le biais de faux contrats CDD faits pour épuiser les enveloppes disponibles. Ou encore Thierry Légier, garde du corps de Jean-Marie Le Pen, une fonction qui "nécessitait une présence de tous les instants" et ne permettait pas d'être assistant parlementaire de quelqu'un d'autre. Ainsi, "si Jean-Marie Le Pen", dont l'assistant et le garde du corps ont signé des contrats européens, "n'a pas non plus tiré un enrichissement personnel, ces contrats fictifs lui ont néanmoins fourni un confort de vie et de travail que les finances du parti ne lui auraient pas permis."   
Sous l' autorité de Marine Le Pen, le "système" s'est "optimisé" et les contrats se sont "multipliés", a estimé le tribunal : "Les embauches étaient décidées par Marine Le Pen sans que le député soit consulté"."La gravité des faits découle de leur nature systématique, leur durée, du montant des fonds détournés, mais aussi de la qualité d'élu des personnes condamnés". 
Près de dix ans après, les condamnés - Marine Le Pen en tête - contestent toujours les faits. Ils "n'ont exprimé aucune prise de conscience de leur violation de la loi et de l'importance de la probité", a estimé le tribunal. "C'est une immunité revendiquée depuis l'origine de la procédure, au mépris de la loi", montrant "une conception peu démocratique de l'exercice politique ainsi que des exigences qui s'y rattachent". "Outre le risque de récidive, il existe le trouble majeur à l'ordre public, en l'espèce le fait que soit candidate à l'élection présidentielle une personne déjà condamnée en première instance", a poursuivi la juridiction, jugeant "nécessaire" d'ordonner l'exécution provisoire (immédiate) "pour éviter un trouble irréparable à l'ordre public".

Marine Le Pen présidente de la République ? Je crois qu'on vient d'échapper à une méga catastrophe....
 

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