vendredi 10 juillet 2020

Partir...



Hier après midi je me suis rendu dans le sud de l'Alsace à la célébration d'adieu de mon ami disparu. C'était la moindre des choses. Un retour dans un passé vieux de plus de vingt ans. Revu   C., D., G., M. qui ne m'ont pas semblé avoir beaucoup vieilli ou si peu.
Une célébration empreinte de sérénité et de douceur malgré la tristesse, ce qui m'a fait espérer le même apaisement pour la mienne, le côté religieux en moins. Une dame officiait ce qui m'a fait penser au début que nous étions chez les protestants, puis quand j'ai entendu l'Ave Maria de Schubert et puis un " Je vous salue Marie", j'ai su que nous étions chez les catholiques. Je ne crois pas que F ait été très religieux de toute sa vie.
A la fin de la cérémonie l'officiante  a invité l'assistance à bénir le cercueil couvert de roses blanches. Mon prédécesseur dans la file a dessiné deux cœurs avec le rameau de buis au lieu d'asperger d'un signe de croix, tandis que je me suis contenté de poser la main sur le bois de la caisse,  dernier contact avec lui...

Je suis allé à la petite collation qui suit les enterrements, l'occasion de connaître un peu sa famille et de revoir une dernière fois son appartement zen aux murs blancs et à la moquette blanche. F. vivait dans un décor minimaliste et les quelques meubles, objets et tableaux qui le décoraient avaient été  choisis avec soin et installés à une place  définitive. Tels j'avais connu les lieux, tels, au détail près, ils étaient restés..
Si nous avions respecté toutes les consignes de sécurité durant l'office, là plus personne ne portait de masque, ce qui peut se concevoir entre proches. Ce qui explique aussi que les enterrements puissent parfois se transformer en clusters.

J'ai passé quelques moments à nous raconter des souvenirs avec C. et D. dont je n'avais plus de nouvelles depuis des lustres, mais que j'ai retrouvées comme si nous nous étions quittés la veille, échangé quelques mots avec  sa famille, dit trois banalités à son compagnon M., dont les parents avaient tenus à être présents, en espérant le revoir, et, avec une rose blanche que je ferai sécher pour la conserver,  je suis rentré par un train presque vide.

Ce matin j'ai trié des photos pour en envoyer à C et D. 

Cette tête d'Antinoüs m'a été offerte par F...

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