dimanche 23 juillet 2006

Rossini

Petit post pour faire un peu prout-prout, mais après tout, je vis chez les riches...

Dans son journal Stendhal écrit le 8 janvier 1817: "(...) A Terracine, dans l'auberge superbe bâtie par Pie VI, l'on me propose de souper avec les voyageurs qui arrivent de Naples. Je distingue parmi 7 à 8 personnes un bel homme blond, un peu chauve de 30 à 32 ans. Je lui demande des nouvelles de Naples et surtout de la musique.(...) C'est Rossini lui-même. (...) Il me dit que Naples veut une autre musique que Rome; et Rome une autre musique que Milan. Ils sont si peu payés! Il faut courir sans cesse d'un bout de l'Italie à l'autre et le plus bel opéra ne leur rapporte que mille francs .(...) Comment avoir le courage de lui reprocher de faire un opéra en 15 jours? Il écrit sur une mauvaise table d'auberge, au bruit de la cuisine, et avec de l'encre boueuse qu'on lui apporte dans un vieux pot de pommade.(...) Comment ne pas percevoir un droit sur les troupes qui jouent ses trente opéras? Il me démontre qu'au milieu du désordre actuel, cela n'est même pas proposable.(...)"

Bon. J'y crois pas! Stendhal croise par hasard l'une des deux plus illustres personnes d'Italie. C'est comme Chateaubriand qui dîne avec Washington , je crois, comme il le raconte dans les mémoires d'outre tombe... Moi, bien entendu, j'ai couché avec le pape....!

Par contre ses remarques sont fort intéressantes. On note tout d'abord qu'il est attiré par les mecs blonds autour de la trentaine. Il faisait peut-être partie de la famille.

Et puis les conditions de la création artistique à l'époque donnent un peu froid dans le dos. Stendhal évoque, à juste titre, la nécessité d'un droit d'auteur. Tous deux reconnaissent que tout cela n'est réalisable que dans un monde suffisamment organisé, ce qui devrait faire taire tous ceux qui ne cessent de se plaindre de notre époque.

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